Des animateurs radios dérapent…

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Des animateurs de radio, que ne contrôlent pas leurs responsables, commettent de graves fautes professionnelles en donnant des consignes de vote ou en dénigrant certains candidats.

 

Certains animateurs d’émissions d’antenne libre (salutations, musique demandées…) n’hésitent pas à orienter le choix des électeurs. Ils donnent des consignes de vote ou discréditent certains candidats. Ne maîtrisant pas le code d’éthique et de déontologie du journaliste et les lois sur la presse, ils glissent dans les dérapages : diffamation, injures, dénigrement, propos discourtois… D’autres lancent le numéro de leur candidat favori comme pour le saluer.

“Attention, vous les députés de 2006, vous venez encore chercher des voix alors que vous nous aviez abandonnés cinq ans durant. Qu’avez-vous fait ? Les Boyomais, soyons vigilants. Ils n’ont rien fait. Il ne faut pas leur donner vos voix”, criait une animatrice, il y deux semaines à 6h du matin dans une radio confessionnelle de la place. Pendant la pause musicale, elle faisait la dédicace à certains candidats en citant leur numéro. “Ne votez pas pour le candidat x, c’est un débile mental”, lançait un autre animateur.

Luckson Kabala, rédacteur en chef de la RTNC, condamne ces agissements. Selon lui, l’animateur et le média peuvent être poursuivis en justice. “Il y a peu un enseignant et le directeur d’une entreprise de la place se sont plaints pour  diffamation dans une émission sur notre chaîne”, dénonce-t-il. Selon l’article 74 du Code pénal, celui qui a méchamment et publiquement imputé à une personne un fait précis qui est de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de cette personne, ou à l’exposer au mépris public, sera puni d’une servitude pénale de huit jours à un an et d’une amende.

 

Pas de contrôle

Dans les médias locaux, les responsables ne contrôlent pas les conducteurs des émissions de ces animateurs. “Ils se présentent seulement avec un papier sur lequel il y a le nom des gens à saluer mais le contenu de l’émission est dans leur  tête”, déclare Marc Ndaroza, rédacteur en chef de Radio Télé Pécheurs d’hommes (RTPH). “Plus d’une fois, je fais rapport au directeur de programme sur le risque que court la radio mais en vain”, regrette-t-il. Selon Luckson Kabala, ces animateurs prennent position lorsqu’il s’agit d’émissions politiques ou sociales qui touchent au quotidien des gens.

Le régisseur de la RTNC reconnaît avoir passé des émissions où l’animateur désigne futur président avant la Ceni et la Cour suprême de justice. “Ne connaissant pas les différents délits de presse j’ai laissé passer de nombreuses émissions avec des dérapages”, regrette t-il. Benoit Kuda, coordonnateur provincial du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (Csac) martèle qu’en cas de dérapage le signal du média sera coupé et le journaliste ou l’animateur suspendu du micro pendant un temps.

 

Hortense Basea/Novembre 2011

 

Publié dans Mongongo 49

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