Des banques plus sûres rassurent les épargnants

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

De nouvelles banques, qui présentent des garanties de sérieux, se sont récemment installées à Kisangani. Les habitants, qui ont perdu leurs fonds lors de la faillite des coopératives, encore un peu inquiets leur font cependant confiance.

 

En deux ans, quatre nouvelles banques ont ouvert leurs portes à Kisangani. La Rawbank en 2009, la Banque internationale africaine de commerce (BIAC), la Banque internationale de crédit (BIC) et la Trust marchant Bank (TMB) en 2011. Celles-ci s’ajoutent à la Banque commerciale de développement du Congo (BCDC) et la Cruche banque. La Banque centrale du Congo (BCC), elle, est toujours là.

Les habitants font plus confiance à ces banques privées. Deux mois seulement après son ouverture, la BIC a enregistré 290 épargnants. Commerçants, politiques, étudiants, fonctionnaires, ménagères, entreprises, Ong, établissements publics y ouvrent des comptes. L’Assemblée provinciale paye désormais ses agents par la Raw bank. Les étudiants de l’université de Kisangani payent les frais académiques dans un compté ouvert par l’Unikis dans cette même banque. “Une grande université comme celle de Kisangani avec un effectif d’environ 8000 étudiants ne pouvait plus continuer à garder de l’argent en caisse à la maison. C’est un risque”, explique un agent du cabinet de l’administrateur du budget de l’Unikis. Clovis Boboli, étudiant en sciences économiques et gestion à l’Unikis, qui a un compte Academia à la Raw Bank, se réjouit : “Je dépense rationnellement mon argent car je ne l’ai pas en main à tout moment”.

 

Renforcer le contrôle des lois

Un cadre de la BIC explique que sa banque, est agréée par la BCC. La constitution de la RDC, confère, en effet, à la BCC dans son article 176 “le contrôle de l’ensemble de l’activité bancaire”. La loi n°003/2002 du 2 février 2002 précise que les fonds propres de ces banques ne peuvent à aucun moment, devenir inférieurs au montant du capital minimum et ces banques sont tenues de respecter les normes de gestion qui garantissent la liquidité et la solvabilité à l’égard des épargnants. La BCC doit contrôler chaque année que ces règles sont bien respectées.

Les banques commerciales récemment installées à Kisangani sont, en outre, constituées de capitaux étrangers et font partie de groupes bancaires mondiaux. Elles disposent de fonds propres importants, de bâtiments… Pour le député provincial Dominique Odhua, le distributeur automatique, qui délivre des billets, sans avoir besoin d’aller au guichet, inspire confiance car on peut à tout moment retirer de l’argent. Certains actionnaires ont des firmes en RDC. Pour Philippe Batshu, homme d’affaires de la ville, le fait que “les actionnaires de certaines nouvelles banques soient des expatriés qui ont d’autres entreprises en RDC est rassurant”. En cas de problème, la justice peut saisir leurs biens.

Si les épargnants peuvent être rassurés sur la gestion de leur fonds, ils ne sont cependant pas totalement convaincus de la sécurité de leur épargne. “Les épargnants n’exercent aucun contrôle efficace sur la gestion des fonds confiés à une banque. La défaillance d’une banque peut entraîner la chute d’autres banques et de toute une économie. Il revient aux pouvoirs publics de veiller sur les dépôts bancaires”, analyse un économiste.

En 2006, plusieurs coopératives avaient englouti l’argent des épargnants. Ce n’est que lorsqu’elles ont fermé que les citoyens apprendront qu’elles fonctionnaient sans agrément de la BCC. Les victimes n’ont jamais été indemnisées. Le dossier est toujours en justice. Les fermetures brusques de la Banque congolaise (BC), du Crédit congolais pour la reconstruction (CCR), Serf Gala Letu,… restent fraîches dans la mémoire de la population.

Pour René Menga, président de l’association des victimes de CCR, les responsables de l’État doivent vérifier l’autorisation avant l’ouverture de toute institution financière et les épargnants de doivent bien connaître la banque avant de lui confier leur argent.

David Malisi/Octobre 2011

 

Publié dans Mongongo 47

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