Des radios et télévisions sans grille de programmes

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

De nombreuses radios et télévisions nées ces dernières années fonctionnent sans grille de programmes ni ligne éditoriale claire. Elles diffusent tout et n’importe quoi sans contrôle et sans souci des jeunes qui les suivent. La Haute autorité des médias veut aujourd’hui les contraindre à respecter la règlementation.

 

"La plupart des nos médias n’ont pas de grilles des programmes claires qui respectent leur ligne éditoriale”, s’indignait Benoît Kuda, coordonnateur de la Haute Autorité des médias (HAM) en mars dernier lors d’une séance de restitution des activités de son institution aux responsables des médias locaux qui, pour la plupart,  ne respectent pas leurs cahiers de charge. Cette mise en garde verbale a été suivie d’une lettre adressée aux responsables des médias pour changer leur façon de travailler. Radios publiques, communautaires, confessionnelles, associatives, commerciales, la confusion est grande. Certaines qui ne l’étaient pas au départ deviennent confessionnelles et retransmettent des prêches sans contrôle.

Pour boucher les vides à l’antenne, des télévisions diffusent à longueur des journées des films d’action propageant la culture de violence, des danses obscènes avec des personnes à moitié nues, des films nigérians, des pièces des théâtres, des séries télévisées et documentaires occidentaux, de la musique, du sport ou font le décrochage des télévisions européennes (TV 5, Canal +, planète, Africa, France 24,…). “Le soir, pendant que les parents et les enfants sont encore au salon, des films pornographiques sont diffusés. Le taux de réussite des élèves à l’école a sensiblement baissé”, constate Dominique Lekakwa, chef de division de la presse et communication. “Nous avons une grille de programmes mais qui n’est pas respectée, car les journalistes sont en nombre insuffisant ou souvent absents faute de salaire” explique le rédacteur en chef d’une radio,

Des antennes libres, des émissions pour présenter des dédicaces et souhaiter bon appétit en citant les noms des individus occupent le reste du temps. D’autres sont parfois improvisées selon l’actualité. Difficiles pour ces médias de fidéliser les auditeurs et téléspectateurs.

 

Éduquer les citoyens

“Le rôle de médias est d’informer, de former et d’éduquer la population dans le respect de l’éthique et de déontologie. Ce que ne font pas nombre d’entre eux”, s’inquiète Benoît Kuda. Les médias publics, eux, ne sont pas ouverts à tous les courants de pensée et d’opinion et à toutes les tendances politiques.

Selon Alexis Dunia, coordonnateur adjoint de la HAM, les médias de proximité sont des moyens efficaces d’expression des populations. Ils mettent au cœur de leurs programmes les aspirations et les problèmes des citoyens pour trouver des solutions afin de faire avancer la société. “Les médias doivent ainsi promouvoir et protéger les droits de l’enfant”, estime Dominique Lekakwa.

 

Des médias non en règle

Créées pour la plupart au fort de la guerre (1996-2005), ces radios, surtout celles des politiciens, n’ont pas toutes les autorisations requises pour fonctionner. “Sur 58 stations de la Province orientale, quatre seulement sont en ordre, dont trois à Kisangani sur une quinzaine de médias”, constate Dominique Lekakwa. Ces radios sont ainsi obligées de présenter leurs grilles des programmes à la HAM pour un suivi du contenu de leurs productions.

Une grave menace de fermeture plane sur ces radios surtout communautaires dont les responsables ne peuvent pas facilement payer les 15 000 $ de la licence d’exploitation ; 500 $ de la taxe annuelle de contrôle de conformité ; 10% de diffusion de la publicité. Ce qui risque d’éliminer ces médias au profit de ceux des politiciens qui foisonnent et ne manquent pas d’argent pour payer.

Trésor Mokiango

Publié dans Mongongo 38

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