Difficile reprise des garages

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

De nombreux garages se sont récemment créés en ville pour réparer les véhicules toujours plus nombreux. La plupart sont mal équipés et manquent encore de mécaniciens compétents. Mais des jeunes se forment peu à peu à ce métier oublié pendant des années.

 

Depuis fin 2008, la réhabilitation de la route nationale n° 4 a suscité la création de nombreux “garages” dans la ville. Cette route reliant Kisangani à Beni et Butembo, et d’autres villes et pays limitrophes (Ouganda) de l’Est a favorisé l’afflux de véhicules et motos. Les prix ont sensiblement baissé. Le commerce informel de véhicules a repris après plusieurs années où les entreprises de vente des véhicules avaient fermé suite à la zaïrianisation (nationalisation) et aux pillages.

Les réparateurs de motos s’installent le long des grandes artères. Les garages qui réparent, dépannent et entretiennent les véhicules louent des espaces derrière les parcelles des privés à ciel ouvert ou couverts de bâches. D’autres mécaniciens font revivre tant que mal les anciens garages.

 

Manque d’équipement

Cependant ces garages sont peu équipés et manquent des outils nécessaires pour réparer des voitures toujours nombreuses et de différentes marques. Certains mécaniciens n’ont également pas la technicité requise et bricolent. “J’ai sillonné plusieurs garages pour réparer le moteur diesel de voiture SARF,” explique Bob Aliya, un chauffeur. Selon Matthieu Kahindo, chef du garage “La Paix”, “beaucoup de conducteurs ne savent pas manier ces nouvelles voitures et ne respectent pas les indications de conduite. Ce qui endommage souvent le moteur”.

L’autre problème est que la ville ne dispose pas d’un magasin spécialisé dans la vente des pièces de rechange. Les propriétaires les commandent en Asie, à Kinshasa ou en Ouganda. Ce qui prend parfois beaucoup de temps.

Dans ces garages, les réparations se font sur le champ parce qu’ils ne disposent pas d’espaces suffisants et sécurisés pour garder les véhicules. Selon Justin Temelesi, chauffeur rencontré au garage Mercedes, “le tarif est discutable. L’entretien du moteur revient à 10$...” Pour Jean René, chef du garage Michelin: “l’afflux de véhicules, vendus sur place au marché noir a ranimé les garages” Le garage de la Procure de l’archidiocèse de Kisangani, l’un de plus anciens, attire plus de clients car il a plus de matériel et des mécaniciens bien formés.

Former des jeunesCes ateliers forment des jeunes au métier. Ils servent des lieux de stage pour les élèves des écoles et centres d’apprentissage techniques. Des jeunes (5 à 10) se regroupent aux côtés d’un seul garagiste bien formé en mécanique automobile. “Certains parviennent à trouver du travail dans des organismes comme chauffeurs mécaniciens. Les autres touchent près de 50$ par mois”, témoigne Matthieu Kahindo dont le garage emploie 25 personnes. Les plus habiles créent leurs propres ateliers. “Au début de cette année, j’ai été engagé comme chauffeur mécanicien à l’entreprise Congo Chine télécommunication (CCT)”, se réjouit Patient, ancien élève du garage.

David Malisi

Le service des TP à l’abandon

Le service des Travaux publics (TP), qui s’occupe en principe de la réparation des engins roulants de l’Etat est abandonné. Les véhicules de l’Etat sont réparés dans les garages privés alors que les agents commis par l’Etat et ce service chôment.

Le service n’a ni équipement ni garages. Ces locaux servaient également d’entreposage des matériels techniques et mécaniques provenant de Kinshasa  par bateau pour les provinces du Maniema, Nord et Sud Kivu. Une partie de la parcelle de ce service est affectée par le gouvernement provincial à la construction d’un hôpital moderne. Les agents sont inquiets de leur avenir et du service.

D.M.

 

Publié dans Mongongo 40

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