ECHOS DE PROVINCE 52

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Isangi : le tétanos néonatal, un tueur silencieux et évitable

En deux ans, la zone de santé rurale d’Isangi, territoire situé à 128 km au Sud de Kisangani a enregistré 35 bébés atteints de tétanos néo-natal contracté à la naissance. Trente et un en sont morts. “Les enfants de 0 à 28 jours sont les plus touchés”, a souligné le médecin chef de zone de santé rurale d’Isangi, le docteur Charles Lobanga au cours d’une réunion d’évaluation des activités sanitaires le 15 janvier. “Les statistiques présentées ici sont celles recensées dans nos structures. D’autres cas, plus nombreux restent inconnus dans la communauté”, ajoute-t-il. La zone de santé ne dispose pas d’une prise en charge adéquate : absence des médicaments, matériel inadapté,… “C’est par la grâce de Dieu que quatre enfants ont eu la vie sauve”, confie une  infirmière. Le personnel soignant déplore également le transfert tardif des malades à l’hôpital. “Les parents amènent d’abord l’enfant chez un tradipraticien avant de nous l’amener déjà mourant”, regrette Dieudonné, un autre infirmier.

L’accouchement à domicile et la non vaccination des mères sont les principales causes de ce tétanos, du à une bactérie qui attaque le système nerveux central. Selon le docteur Charles Lobanga, seuls 43 % des femmes enceintes accouchent dans une structure médicale. Les autres ne suivent pas le programme de la consultation prénatale (CPN) et accouchent dans leurs maisons en utilisant des lames, des couvercles de marmites et des couteaux non stérilisés pour couper le cordon ombilical. Ce qui infecte le nouveau né qui meurt en quelques jours d’étouffement après des convulsions douloureuses.

Le coût des frais médicaux mais surtout le manque d’information sont en cause. En outre, certains agents de santé soignent à domicile pour gagner de l’argent. La société civile locale s’engage à dénoncer ces infirmiers charlatans pour qu’ils soient punis par les pouvoirs publics. Les relais communautaires de santé sont chargés de convaincre les femmes de la nécessité de suivre les consultations prénatales et d’accoucher à l’hôpital.

Joseph Bassay

 

De l’importance de la Consultation prénatale pour les femmes enceintes

Les consultations prénatales permettent d’informer les femmes enceintes et leur famille sur un plan d’accouchement ; de dépister certains risques majeurs pour lesquels des actions sont possibles (cicatrice utérine; présentation anormale du fœtus; rupture prématurée des membranes, grossesses multiples et métrorragies) ; de soigner certaines maladies comme l’hypertension, le paludisme, les maladies sexuellement transmissibles, le VIH sida, tétanos, infections urinaires et soigner l’alimentation de la femme.

Ces mesures ne sont efficaces que si le système de santé maternel est organisé et si les femmes bénéficient de soins de qualité.

Pépé Mikwa

 

Isangi : des moustiquaires comme filets de pêche

De plus en plus des pêcheurs se servent comme filets de pêche des moustiquaires imprégnées d’insecticide, distribuées gratuitement par l’Unicef, ASF (association santé familiale) et Caritas et destinées à lutter contre la malaria. Les ONG environnementales indiquent que plus de 55% d’entre eux les utilisent : En janvier, 61 pêcheurs ont ainsi été identifiés en janvier comme les utilisant. . A mailles fines, celles-ci permettent de capturer les petits poissons, les fretins plus nombreux sur les marchés.

“Nous sommes frustrés de voir comment les eaux du fleuve Congo sont polluées et les espèces de poisson menacées de disparition”, s’indigne Isidore Basongwa, président de l’Ong, Programme pour la conservation et la protection de la nature (PCN). “Nous désapprouvons ce mauvais usage de la moustiquaire car nous vivons dans une zone hyper- endémique en matière du paludisme” réagit aussi le médecin chef de zone de santé rurale d’Isangi, le docteur Charles Lobanga. . Sur les marchés, les fretins sont plus nombreux.

“Les pêcheurs manquent de filets”, ironise Jules Blika, habitant d’un quartier populaire d’Isangi qui voit ces fretins sur le marché. “Le service de l’agriculture, pêche et élevage ne met pas les agents sur le terrain pour contrôler alors qu’il est informé de cette situation”, constate Isidore Basongwa, un acteur de la société civile.

Depuis,le comité territorial de sécurité a lancé l’opération “pêche responsable”. Bilan : un pêcheur arrêté, 10 moustiquaires-filets brûlées sur ordre de l’administrateur du territoire informe le capitaine Sawa commandant de l’unité navale à Isangi. Cependant la traque de ces pêcheurs peu respectueux des règles de pêche est difficile car ils exercent souvent la nuit et dans les îlots. “Nous mettrons tout en œuvre pour finir définitivement avec cette pratique” martèle Augustin Saile, administrateur assistant chargé de l’économie, finances et développement.

Joseph Bassay

 

Territoire d’Ubundu :

Depuis le mois de décembre, une épidémie de rougeole sévit dans la zone de santé d’Ubundu. Plus de 9000 cas  recensés et 9 morts, selon Gilbert Bokungu, chargé de sensibilisation à l’hôpital général de référence d’Ubundu. Elle touche les enfants et les adultes. Mais les chefs des quartiers affirment qu’il y a eu beaucoup plus de morts car les familles ne connaissaient pas la maladie et n’amenaient les malades à l’hôpital.

Fidèle Lutula

 

Les commerçants Nande du Nord Kivu s’installent à Ubundu

Depuis décembre, les commerçants Nande, (originaires de Beni et Butembo au Nord Kivu) conquièrent le marché d’Ubundu, territoire situé à 128 km au Nord Est de Kisangani. Ils construisent des boutiques et louent celles des commerçants locaux. Ceux-ci préfèrent désormais attendre les potentiels acheteurs en amont du fleuve au sortir de leurs villages. Selon les clients, les marchandises des Nande sont de bonne qualité même si elles coûtent plus cher. Une paire de babouches y revient à 2500 fc contre 1500 fc chez les locaux.  Habits, savons, piles et babouches… sont convoités par les clients. Selon Maurice, un commerçant d’Ubundu préfère aujourd’hui louer sa boutique à 20 000 fc par mois que de continuer à y travailler pour  moins de 5000 fc par mois.

Fidèle Lutula

 

Territoire de Lubutu 

Ce territoire de la Province du Maniema est plus proche de Kisangani que de Kindu, chef lieu de sa province. Les habitants échangent ainsi plus avec la capitale de la Province orientale distante de 364 sur la nationale n°4. Votre journal publiera de temps à temps des nouvelles de ce territoire.

 

21 janvier : un groupe de jeunes nommé Borois envahisse la cour de l’école Aleka Unda fille, vers midi et scelle le bureau du directeur. Ils protestent contre la nomination d’un directeur intérimaire qui n’est pas un fils du terroir en remplacement du directeur décédé quelques jours auparavant. Selon eux, ce poste devrait revenir à un natif. Le conseiller résident des écoles conventionnées catholiques aurait du nommer le chef des enseignants de l’école et non un comptable de sa conseillerie. Le conseiller résident dénonce une manipulation de ces jeunes.

Jean-Luc Lifaefi

          

24 janvier : un jeune a été grièvement blessé lors d’un conflit parcellaire La même parcelle aurait été vendue à trois personnes différentes. De nombreux conflits fonciers sont enregistrés dans ce territoire. La fraude, les conflits des compétences entre les services des titres fonciers, de cadastre et les autorités coutumières en sont les causes. S’y ajoute l’ignorance de la population qui ne connaît le Code foncier.

Djaluti Mbula

 

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