ECHOS DE PROVINCE_27

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Isiro : de l’eau en bidons pas toujours potable

A Isiro, chef-lieu du district de Haut Uele, dans les quartiers très densément peuplés, comme Mingambo, il faut débourser 500 fc pour un bidon de 20 litres d’eau vendu par des jeunes qui passent d’un ménage à un autre. Les femmes démunies qui n’ont pas les moyens de les payer effectuent 2 à 5 km de marche avec un bidon sur le dos pour en trouver.

Dans une émission radio en août dernier, le médecin-chef de zone de santé s’est dit inquiet de la consommation de l’eau non traitée. Selon les rapports émanant des centres de santé,  es maladies liées aux vers intestinaux, surtout les amibes, sont nombreuses. Selon le test réalisé fin 2009 par le bureau central de la zone de santé urbano-rurale d’Isiro (750 km de au nord de Kisangani) sur la qualité de l’eau que consomme la population, seulement 4 des 10 sources et puits d’eau répondent quelque peu aux critères d’eau potable.

Pour remédier à ces problèmes, la Caritas locale a creusé plusieurs puits. Au début de l’année, la Monuc a financé la construction de deux autres. L’ong MEDER, nouvellement arrivée dans cette partie de la Province orientale, envisage de réhabiliter les sources d’eau les plus fréquentées des quartiers populaires de la cité d’Isiro. Selon le chef de centre de Regideso, seuls 2%, de 286000 habitants, bénéficient de l’eau que cette entreprise publique fournit un jour sur deux, de 6 h à 17 h.

Richard Tandro

 

Ubundu : l’eau trop coûteuse 

A Ubundu, la Regideso fonctionne, une fois tous les deux jours ou par semaine, pendant 4 h à l’aide du générateur électrique. . «Il m’arrive de passer trois jours, voir une semaine sans que l’eau ne coule chez moi», déclare Bilali Ali, administrateur assistant chargé de l’économie et finances du territoire d’Ubundu. Sur environ 24 000 habitants, seuls 231 ménages sont raccordés à l’eau potable de cette entreprise. Mais l’eau au robinet ne coule que dans 145 parcelles. «Chez les autres nous avons coupé pour non-paiement de facture», déclare Jean Asando, agent à la Regideso Ubundu.

En début de l’année, les robinets avaient été ré ouverts grâce au député national Gaston Musemena qui avait épongé les dettes de consommation d’eau de la population pendant plus de 3 ans. Depuis, les paysans avaient recommencé à payer leurs factures, pendant deux à trois mois. Ne pouvant payer des coûts, trop élevés par rapport à leur revenu, beaucoup se voient couper l’eau à nouveau.

Même problème pour les bornes-fontaines, seules quatre sur seulement sur 12 fonctionnent, faute de paiement de la facture dont le montant doit être récolté par le président des comités mis sur pied pour chaque borne-fontaine. Ce qui pousse les gens à recourir plus à l’eau des sources ou des puits. L’année dernière, l’Unicef a réhabilité deux sources d’eau dans chacun des quatre quartiers de la cité d’Ubundu, mais ces actions demeurent insignifiantes au regard des besoins.     

Fidèle Utula

Buta : de nombreuses initiatives mais pas d’entretien

La population de la cité de Buta (324 km Kisangani -246 000habitants) consomme uniquement l’eau des sources non entretenues. En 1996, la Regideso a été mise à sac à la fois par certains de ses habitants et par les militaires pendant les guerres. En 2005, l’ong SECA, Synergie d’éducation communautaire et d’appuis à la démocratie a remis en état les puits forés par le CICR en 1997. Depuis, faute d’entretien, un seul, celui situé dans l’enceinte de l’Institut supérieur pédagogique ISP/BUTA continue à fonctionner. Tous les autres puits servent uniquement pour les travaux ménagers car ils sont ouverts et exposés aux intempéries. La population y puise l’eau à l’aide d’un seau en plastique ou métallique. En 2007, sur financement de PNUD, l’ong ATGL, Antenna Technology Grand Lac, a installé une usine de fabrication locale d’un produit appelé uzima pour désinfecter l’eau. Elle a fermé ces portes l’année dernière.

L’association des coopératives pour la recherche et développement ACORD est venue forer 25 nouveaux puits en 2008. Dans cinq seulement, les pompes sont toujours utilisables….  Beaucoup d’initiatives qui ne durent pas pour deux raisons: la   mauvaise utilisation des installations et surtout les matériaux peu durables utilisés pour la construction de ces ouvrages.

Récemment l’association de santé familiale (ACF), a apporté des produits PUR et AQUATAB pour purifier l’eau. Ils sont utilisés par une minorité des gens.  

 Collard Limbombe

Publié dans Mongongo 27

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