Election : les candidats choisis surtout par Kinshasa

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Le choix des candidats aux législatives n’est pas simple et les personnalités locales s’inquiètent car, au PPRD comme à l’UDPS, faute de primaires, ce sont les états-majors des partis qui décident des listes provinciales à Kinshasa. Au MLC et dans les nouveaux partis, on recrute plutôt parmi les habitants de la région.

 

Depuis le 1er septembre, les bureaux des partis politiques sont très agités. Le choix des candidats aux législatives nationales est délicat. Perplexes sur la popularité et les chances des uns et des autres à remporter le scrutin, les partis politiques tardent à déposer les listes au bureau de la Ceni. Qui y figurera ? Les spéculations vont bon train. Des noms circulent sans certitude. Mêmes les responsables locaux ne sont pas sûrs d’y figurer. Tout se décide à KInshasa où sont basés les sièges nationaux des partis. Les élections primaires internes des partis n’ont été tenues. En ville, des tensions internes et des frictions sont visibles.

La gestion des ambitions parait compliquée au Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), auquel de nombreux hommes politiques ont adhéré, car les mandataires, les cadres des administrations publiques membres du parti, tous pensent postuler.

 

Bousculade au PPRD

Selon l’honorable Jean Florent Ponde, secrétaire exécutif de la fédération du PPRD de la Tshopo, après le congrès du parti à Kinshasa, les délégations n’ont pas amené des listes des candidats. “Le secrétariat général a envoyé des mandataires à travers tous les territoires pour se rendre compte de la popularité des probables candidats. Même ceux qui ne sont pas du parti, peuvent figurer sur la liste pourvu qu’ils nous fassent gagner un siège”, précise –t-il. D’autres membres du parti qui passent le plus clair de leur temps à Kinshasa peuvent aussi être choisis au détriment des locaux. Mêmes les transfuges d’autres partis ou les nouveaux adhérents à la place des militants de la première heure. Pour certains membres du PPRD, la hiérarchie a misé sur certains candidats sans tenir compte de leur popularité réelle.

Pour n’avoir pas été choisie par son parti, Madame Niki Imayonda, ancienne ministre provinciale et membre fondateur du PPRD postule en indépendante. “Sur demande de mes électeurs dans mon territoire d’origine”, dit-elle déterminée tout en soulignant qu’elle reste membre du parti. D’autres ici comme dans les autres partis voient leurs ambitions étouffées dans l’œuf et ruminent en silence. Certains membres de l’opposition qui ont adhéré au parti au pouvoir et qui n’ont pas été alignés se disent aussi déçus.

Lors de son message à l’occasion de la fin du Ramadan, l’imam a invité les musulmans à ne voter que les candidats musulmans s’estimant marginalisé lors de la première législature et sans espoir de figurer sur la liste actuelle. “Que les élections ne nous divisent pas, il y aura de la place pour tout le monde”, poursuit le député Ponde. Certains militants promettent de ne pas voter pour le candidat désigné par le parti.

 

Absence d’élections primaires

“Nous avons envoyé les candidatures de tous les territoires après des voyages de repérage et ceux qui se sont déclarés dans les milieux où nous ne sommes pas passés. C’est à Kinshasa de décider”, affirme Médard Wabenga, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à Kisangani. Parmi ces candidats, des militants fidèles, des transfuges et des retournés qui avaient émigré dans d’autres partis.

Au Mouvement de Libération du Congo (MLC), les candidatures sont retenues sur la base du niveau intellectuel, du militantisme, de la crédibilité et la moralité dans son milieu de vie et de la fidélité au parti pendant les moments durs, selon docteur Simon Bokongo, secrétaire fédéral. “Kinshasa n’a rien changé de la liste qu’on a envoyé des gens qui habitent à Kisangani indépendamment de leurs origines car il n y a pas des compétences à amener d’ailleurs. On ne prend pas quelqu’un à cause de son argent”, souligne le docteur Simon Bokongo. Les nouveaux partis quant eux séduisent les notabilités, les enseignants d’université,…capables de drainer les foules pour figurer sur leurs listes.

 

 La rédaction. Septembre 2011

Publié dans Mongongo 44

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