Elections 2011

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Dépouiller les bulletins dans l’obscurité

À l’école primaire Mikaeli à 17 km de la ville de Kisangani, il fait nuit à 18h30 quand arrive l’heure du dépouillement des votes. Dans la petite salle de classe, on allume les lampes à pile, on démonte les isoloirs en carton pour les étaler par terre. Les agents de la Ceni descellent les urnes et renversent celle avec les bulletins pour les présidentielles sur le sol.  Deux agents de la Ceni, assis par terre déplient les bulletins un par un et cherchent les petits signes qui indiquent le vote. Une dizaine de témoins les observent attentivement mais, dans l’obscurité, ils ont bien du mal à les voir. Deux témoins, un de la majorité et un de l’opposition demandent alors de se rapprocher de plus près. Certains allument la torche de leur téléphone portable. D’autres pointent minutieusement les décomptes.

Deux autres agents de la Ceni, assis à des bureaux d’écoliers, notent les résultats. Quand le nombre de bulletins dépasse d’un le nombre de votants, les témoins exigent de recompter la liste d’émargement. “Ne nous tuons pas, recomptons calmement”, lance un observateur pour calmer certains témoins qui s’énervaient contre le président. Après le décompte, l’erreur est retrouvée, tous rient et on continue. Mais au moindre doute, on reprend les comptes

Pour déclarer un bulletin nul, le président de bureau prend son manuel de procédures pour convaincre les témoins qu’il a raison.

Vers 21 heures, le dépouillement de la présidentielle est fini et on remplit les procès verbaux. Après une petite pause, on passe au dénombrement des voix de députés sur des bulletins de 8 pages où il faut chercher le petit signe coché dans la case vide. Un travail fastidieux qui emmènera les équipes jusqu’au-delà des petites heures du matin.

Pépé Mikwa

 

Le candidat des pauvres caracole en tête

C’est tôt le matin, à partir de 5 h mardi 29 novembre que les résultats provisoires de vote ont commencé à être affichés dans certains bureaux de vote comme l’exige la loi pour la transparence.

Le cycliste transporteur (Awenze Makiaba n°48) candidat à la députation crée la surprise. Il vient en première position dans presque tous les bureaux de vote. Même dans ceux des quartiers où des candidats nantis avaient distribué des milliers de dollars ou fait des dons des transformateurs comme à la commune Kisangani, où il vient en tête avec 150 voix alors que le second en a moins de 30.

À Kabondo, au bureau de l’EP Maendeleo alors que les quartiers environnants ont reçu de nombreux dons des candidats (construction des ouvrages, matériels électriques et autres), le candidat des pauvres, qui n’a même pas fait un meeting, réalise de grands scores, avec souvent deux à trois fois plus de voix que les autres candidats. À Mangobo et Tshopo, il obtient un score très serré avec les autres. Une exception dans la commune Mangobo, où Awenze vient en seconde position après l’ancien président de l’Assemblée provinciale. À Lubunga, il rafle aussi les voix d’un candidat mieux connu du coin.

Ernest Mukuli

 

Les candidats endettés poursuivis par leurs créanciers

Pour battre campagne, certains candidats aux élections législatives du 28 novembre se sont endettés espérant être remboursés par leur parti. Mais l’argent n’est pas venu et les créanciers font pression. Certains ont imprimé des photos, confectionné des  calicots… Jules Bumba, un artiste décorateur reste jusqu’aujourd’hui avec 45 calicots des trois candidats qui n’ont pas soldé leurs comptes. Dans les bistrots, ateliers de réparation des motos et autres lieux, on parle “des cambistes qui harcèlent leurs débiteurs soit de  tel candidat qui a quitté la ville pour fuir les dettes”.  Roger Bamungu, un autre artiste a dû lui renoncer à une partie du paiement de sa main d’œuvre. “Le 5 novembre, un candidat m’a demandé de faire 37 calicots pour 925 $. Il a avancé 555 $ pour l’achat des intrants tout en promettant de les retirer avant le 15 novembre quand il recevra l’argent de propagande. Face à l’impossibilité du candidat de payer la totalité, j’ai du rabattre le prix de 22 calicots et en donner 15 gratuitement”, regrette-t-il.  .

De nombreux candidats ont postulé sur  la liste des partis dont ils ne connaissaient même pas l’idéologie ou s’il appartenait à la majorité ou opposition, comptant sur   le financement des partis comme en 2006 et pensant ainsi s’enrichir. Ne le voyant pas venir d’autres n’ont jamais dit à leurs proches qu’ils étaient candidats…

Trésor Mokiango

Publié dans Mongongo 50

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