Isangi : épargner change la vie des habitants

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

L’implantation d’une coopérative d’épargne et de crédit à Isangi, territoire situé à 125 km à l’ouest de Kisangani, permet aux habitants et aux commerçants de relancer certaines activités, de payer les études universitaires des enfants, d’améliorer leur habitat, etc. Mais, l’absence de légalisation de cette coopérative et des associations membres n’est pas rassurante pour les épargnants...

 

Avec mon épargne j’ai réussi à construire une maison en tôles de quatre chambres plus un salon”, indique Jeanne Bonyole, une commerçante d’Isangi, territoire situé à 125 km à l’ouest de Kisangani. “Nous avons repris notre commerce et acheté une grande pirogue après la perte de nos marchandises à la suite du naufrage d’une pirogue”, témoigne un couple dans le même quartier. Depuis 2002, l’Union des associations pour le développement de la cité d’Isangi (UADCI) a crée une coopérative de crédit et d’épargne. Dans une ville qui n’a ni banque ni coopérative, l’UADCI permet à de nombreux commerçants et associations de relancer leurs activités et d’apprendre à épargner. Des parents scolarisent leurs enfants même dans des universités éloignées comme à Kisangani, des maisons en terre deviennent en matériaux semi-durables, des pêcheurs ont désormais des pirogues, des filets…

Les placements de 36 associations et 28 personnes physiques, membres de l’UADCI s’élèvent à près de 35 000 $ en 2011 contre 28 000 en 2010. “Nous avons commencé avec quatre associations. Aujourd’hui, nous sommes une référence”, assure M. Djabo, président de l’Union. Chaque membre peut bénéficier du double de son épargne comme crédit remboursable dans les cinq mois. Plusieurs associations féminines qui pratiquaient la ristourne s’adressent à cette institution. L’UADCI compte étendre ses activités à l’intérieur du territoire et intégrer le transfert de fonds entre Isangi et Kisangani.

 

Insécurité juridique

Cette initiative fait école. Un député du coin réhabilite une maison pour implanter une coopérative d’épargne. Certains habitants d’Isangi demandent à un autre candidat annoncé de réhabiliter la Coopérative pour le développement d’Isangi (Codis), une ancienne Coopec dont son père était l’initiateur.

Mais, l’UADCI fonctionne encore sans l’agrément de la Banque centrale du Congo (BCC). Certains observateurs craignent donc pour la sécurité des fonds placés comme ce fut le cas avec plusieurs coopératives de Kisangani qui ont englouti l’argent des épargnants. Selon l’article 14 de la loi n°002/2002 du 2 février 2002 portant dispositions applicables à ces coopératives, “la coopérative primaire d’épargne et de crédit doit, avant d’exercer ses activités sur le territoire de la RDC, être agréée préalablement par la Banque Centrale du Congo, dans les conditions prévues aux articles 15 à 19. L’agrément lui confère la personnalité morale”.

Même les associations qui placent leurs économies à l’UADCI  n’ont pas de documents légaux. Selon l’Inspecteur du développement rural, la plupart des associations qui fonctionnent à Isangi œuvrent sans statuts, ni règlement d’ordre intérieur approuvés par l’autorité publique. Sur les 40 associations recensées par la plate-forme femme et jeunesse du bureau de la société civile le 8 mars dernier, seules deux disposent de documents juridiques... “Nous craignons que ces structures soient en difficulté devant les autorités et la justice en cas de problèmes surtout qu’elles manipulent de l’argent”, redoute Perez Bolengelaka de la Société civile d’Isangi.

Joseph Bassay

 

Publié dans Mongongo 42

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