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Clément Mangubu Lotika : enseignant au département des Sciences de l’information et communication et éditeur du Journal Mwangaza.
La liberté de presse consiste à travailler dans le respect strict de l’éthique et la déontologie du métier. Mais elle est ignorée par les journalistes eux-mêmes qui pensent qu’il s’agit de s’ingérer dans la vie privée des gens.
Les journalistes ne sont pas totalement libres. La presse alignée sur le pouvoir ne peut pas dire le contraire de ce que pense le pouvoir. Le journaliste travaille avec la contrainte involontaire. Les médias de l’opposition aussi manquent d’objectivité dans le traitement des informations. Dans les médias officiels quand un homme politique fait un don, le journaliste ne peut jamais donner les informations d’un autre parti politique, donc il travaille pour la cause des individus.
Certains journalistes donnent des informations sans preuve et ne pèsent pas leurs mots. Ils disent par exemple “les dirigeants corrompus” au lieu de se limiter aux faits. Ils se livrent à des critiques agressives en prenant position pour faire sensation au mépris des règles du métier. Ce qui les déshonore. Le journaliste doit prendre conscience de sa responsabilité, dissocier les faits des commentaires, éviter les relations qui le poussent à enfreindre les règles, faire preuve de sens moral et de bon sens en jouant le rôle de la médiation juste et honnête, bien que mal ou sous payé.
Jean Claude Esuka : ministre provincial de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement provincial
Il y a la liberté de la presse dans la ville. Contrairement aux années antérieures où on avait qu’une seule chaîne de radio et de télévision, il y a un foisonnement de médias. La ville compte actuellement, plus de dix chaînes de radios, quelques télévisions et des journaux qui ne sont pas censurés. Mais les journalistes doivent respecter les lois et les règles de leur métier en confrontant les sources d’information et en assurant un traitement impartial. Ils doivent aussi organiser des débats contradictoires avec les partis au pouvoir et l’opposition.
Hubert Moliso Nendolo : député national, élu de Kisangani
La liberté de la presse est consacrée par la constitution et par les lois du pays. Les médias sont appelés à s’exprimer librement. La presse est apparemment libre à Kinshasa où des analyses sont faites sur ce que les journalistes ont vu et entendu.
Ce qui n’est pas le cas à Kisangani, parce que les autorités politiques en place empêchent les journalistes de bien faire leur travail. Ils n’ont que la liberté de dire le bien et non dénoncer le mal. Ils sont stressés, ils ont peur de dire la vérité craignant d’être interpellés.
Récemment la radio communautaire Mwangaza a été interpellée par les agents de l’Agence nationale de renseignement et en février dernier, le responsable de Canal Congo Télévision de Kisangani a été menacé pour avoir diffusé les images de la tournée de Vital Kamerhe (un opposant) au Sud Kivu. Les autorités politiques sont censées recevoir des critiques et observations qui proviennent de la population par le canal des journalistes. La presse doit s’assumer en informant et formant correctement les citoyens.
Gilbert Risasi : coordonnateur provincial de l’Observatoire des Médias Congolais OMEC/P.O
La plupart des journalistes ne connaissent ou ne respectent pas les 21 articles du code de déontologie et d’éthique, ainsi que l’acte d’engagement du journaliste congolais où il jure de faire son travail en respectant la vérité et le fait en toute objectivité et impartialité et responsabilité.
Certains journalistes prêtent leurs voix à des publicités. Le plagiat est monnaie courante dans les médias. D’autres médias se font pratiquement les porte voix des autres, ce qui traduit la paresse. L’essentiel de l’information est souvent sacrifié au profit des louanges des personnalités.
Toutefois, par rapport aux années antérieures avec le parti unique où le journaliste était chaque fois interpellé, traqué par excès de zèle de certains services qui abusaient de leur pouvoir, aujourd’hui, il y a une amélioration. Certains médias critiquent le pouvoir en place. Mon inquiétude est de savoir si tel sera le cas pendant cette période électorale où les journalistes sont souvent incompris par les hommes politiques.
Propos recueillis par Hortense Basea
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