Les étudiants peinent à vivre à la cité

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Les étudiants qui ont quitté leurs homes du campus en cours de réhabilitation peinent à s’adapter à la vie de la cité. Ils doivent payer l’eau, l’électricité, le loyer cher ; préparer avec des braises et étudier avec des lampes tempêtes,…

 

Depuis mars, l’université de Kisangani qui réhabilite les homes des étudiants (B1 des filles et B2 des garçons) sur financement du gouvernement central a décidé de déloger les pensionnaires. Les travaux dureront entre 7 et 12 mois. Une somme de 50 $ a été remise à chacun pour trouver un logis à la cité. Certains étudiants et étudiantes sont partis dans les familles d’accueil, d’autres se sont regroupés pour louer des maisons. La plupart de ces maisons inachevées faute d’argent par les propriétaires, un peu moins chères, exiguës, manquent d’eau et d’électricité. D’autres louent des maisons en terre battue pour rester près du campus. Pas facile pour ces étudiants habitués au courant 24h/24, à l’eau gratuite de la Regideso, à préparer avec des réchauds. Cela les change aussi de  la vie communautaire, du calme au campus, de la liberté de gérer leurs horaires. Au campus, ils étaient sûrs de la sécurité des biens, comptaient sur la solidarité pour manger,… Alors qu’à la cité, tout le monde va au cours, personne ne garde la maison et ils doivent acheter des braises,

Mais au campus, les étudiants payent seulement 1$ par mois pour le loyer, l’eau l’électricité, la sécurité. Ce montant maigre ne permet cependant pas de s’occuper de l’entretien de ces édifices. Ces hommes plusieurs fois réhabilités retombent au même état faute d’entretien. Parfois ce sont des travaux de réfection qui ne sont pas de qualité. Certains pensent que les étudiants devraient payer un peu plus pour l’entretien des homes.

 

Des conditions difficiles

Dans l’enceinte de la Sorgerie, une ancienne fabrique des savons, douze étudiants répartis en quatre chambres habitent gratuitement l’ancien bâtiment du centre de santé. “Nous utilisons l’eau de la source à côté du fleuve, l’électricité nous arrive occasionnellement”, explique Thierry Wele, l’un d’eux. Ils parcourent près de 2 km pour arriver au cours. Tous n’ont la chance de loger gratuitement et font face aux bailleurs qui exigent 6 à 10 mois de loyer de garantie alors que la loi en prévoit trois. Au bloc Météo voisin, un peu plus loin 8 étudiants (filles et garçons) partagent les 4 pièces. Chacun cotise 15 $ par mois. Nous payons l’eau et l’électricité. Nous utilisons les lampes tempêtes pour lire la nuit. Nous sommes également embêté par les prêches et chants des églises, se plaignent-ils. Selon une étudiante finaliste en Droit, “le gouvernement devait construire ou aménager un autre site avant de réhabiliter, et larguer les étudiants dans la nature”.

Le gouverneur de province a cependant décidé d’allouer un montant de 20 000$ par mois pour le logement de ces étudiants. Certains étudiants craignent que cette promesse ne soit pas tenue régulièrement. “Une décision politique qui n’entre pas dans le budget de l’Etat est peu rassurante”, pense un enseignant de l’Unikis. Le recteur de l’université, le professeur Faustin Toengao demande aux étudiants de consentir ce sacrifice car c’est le prix à payer pour  la modernisation de ces homes.

Armand Makanisi

Publié dans Mongongo 39

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article