Les jeunes promettent des voix aux candidats contre des cadeaux

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Des nombreuses associations des jeunes, courtisées par les candidats pour des voix, exigent des cadeaux en contre partie. Une pratique qui inhibe la liberté de conscience et fait craindre de règlement de compte avec les candidats perdants

 

Je veux voter le candidat qui me donnera plus d’argent, pas d’argent pas de voix”, affirme Élysée, la vingtaine révolue à la sortie d’un entretien avec un politicien qui leur a remis des -t-shirt et chapeau le 21 octobre denier. Un refrain fait sensation dans tous les milieux pour soutirer de l’argent au candidat. : “Tuta ku save comment fanya asi ba affaires yako” (fais un geste pour que l’on sente de quoi tu es capable). De nombreux candidats aux élections du 28 novembre sont ainsi contraint de faire des dons dans les associations des jeunes, les mutualités, les associations estudiantines pour s’assurer des voix. Les candidats rivalisent des dons, financent certains projets et celui qui n’a rien, est boudé par l’assistance. Les jeunes créent des associations à tout va pour faire croire au candidat qu’ils peuvent une base électorale.

“Nous voulons cette fois -ci des actions concrètes pour que l’on cède nos voix” déclare Mathieu Motema un membre d’une association dans la commune Kabondo. Les membres de ces associations, qui, par manque des moyens ne s’interrogent pas sur l’origine de ces fonds, exigent de l’argent à tout venu. “Je veux soutenir vos associations” clame tout haut, un candidat aux présidents de certaines associations des jeunes et autres invités réunis à son domicile, début octobre dans la commune Tshopo. Certains candidats se tournent vers leurs associations tribales.

 

Beaucoup de promesses, une seule voix

Il n’est pas rare de voir une association recevoir ainsi plusieurs candidats. Les membres principalement ceux du comité les rassurent des votes de tous. Or selon la loi électorale, un électeur n’a droit qu’à une voix. En août dernier, un candidat à renoncer à appuyer une association dont le président accueillait un autre candidat. “Je suis libre d’accueillir la personne de mon choix ” se justifie le président. Carlos Monzongo membre de l’association la simplicité dit qu’il doit “recevoir tous les candidats mais il sera seul dans l’isoloir au moment de vote”.

Mais souvent les frictions apparaissent entre les membres et le comité directeur. Dans une association des jeunes au plateau Boyoma, le violon ne s’accorde pas. “Le comité directeur cherche à nous imposer un seul candidat alors que beaucoup veulent venir pour financer nos projets”, témoigne un jeune membre. “Nous sommes fidèles à notre candidat car il est l’enfant du quartier”, se justifie un membre du comité directeur. Mais certains observateurs craignent des règlements de compte après les élections si le candidat qui a fait des dons, n’est pas élu.

 

Voter avec sa conscience et pas le cadeau

Casimir Ngumbi, professeur de sciences politiques à l’UNIKIS, pense “qu’il irresponsable de la part des jeunes de voter à cause de l’argent ou des cadeaux”. Il ajoute que la population ne doit jamais oublier que ceux qui sont au pouvoir sont élus par elle. S’ils travaillent bien, elle doit applaudir ; s’ils travaillent mal, elle doit regretter qu’elle ait fait un mauvais choix. Dans leur message du 09 Août à Kinshasa, les chefs de différentes confessions religieuses ont recommandé “au peuple congolais d’avoir jalousement à l’esprit son statut de “souverain primaire ”. Celui-ci indique que chaque citoyen, par le droit de vote, détient une part de la souveraineté nationale. L’exercice de ce droit appelle une vigilance. La liberté de conscience est importante parce qu’elle permet de voter avec responsabilité pour des candidats sérieux”.

Henri Paul Zamba/Octobre 2011

Publié dans Mongongo 47

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