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Lundi 11 juin 1 11 /06 /Juin 11:14

Depuis les scrutins du 28 novembre, de nombreux partis politiques sont en veilleuse. Leurs militants ont disparu et leurs sièges souvent vides ou fermés. Certains partis essayent d’analyser le scrutin pour gagner plus de sièges aux élections provinciales.

 

Deux mois après les élections du 28 novembre, les militants sont rares dans les sièges des partis politiques. Habitués aux cadeaux et à être payés après une activité, ils ont déserté les partis. Seuls quelques militants convaincus fréquentent les états- majors. Rien d’étonnant quand on sait que la campagne électorale était do­minée par le fameux refrain : “tuta kusave comment fanya asi ba affaires yako” (fais des dons, donne de l’argent pour montrer que tu mérites notre soutien). En outre, à la veille des scrutins, de nouveaux partis s’étaient créés, parfois sans sièges et plusieurs mem­bres ont émigré vers d’autres partis empor­tant des militants.

Le 26 janvier, les résultats provisoires des lé­gislatives ont proclamé les cinq élus sur 232 candidats. Tous de la majorité présidentielle : Simene Wa Simene samuel (CPR), Awenze Makiaba Alphonse (CRD), Daruwezi Mokom­be jean pierre(FC), Apaka Tombila Frédéric (MIP), Basango Makedjo Léon Déhon (MSR). Awenze Makiaba, “le candidat de pauvres” a obtenu le plus grand nombre de voix : 39 973. Les autres n’ont pas atteint le quotient électoral mais sont passés grâce à la liste de leurs partis.

Aucun ancien député national de 2006 n’est réélu. Un vote sanction qui reflète la décep­tion face à ces représentants que la popula­tion accusait pour la plupart de ne pas garder un contact permanent avec elle. Le Parti du peuple pour la reconstruction et le dévelop­pement (PPRD), parti présidentiel, n’a sorti aucun député. La personnalité du candidat a primé sur le parti et le programme de socié­té. Pour le professeur Benoît Kuda, politolo­gue, la population “ne vote pas pour le parti politique mais l’individu et le cadeau”.

 

Les partis s’auto évaluent

Les partis évaluent leurs forces et faiblesses pour rectifier le tir aux élections provinciales. Mais ils hésitent à exposer au grand public, leurs faiblesses et leurs nouvelles stratégies. Le 27 janvier le Mouvement social pour le renouveau (MSR) a réuni les candidats mal­heureux et les futurs candidats aux élections provinciales pour tirer les leçons de l’échec et améliorer leur score aux provinciales, af­firme Honoré Mopaya, secrétaire exécutif fédéral ad- interim du MSR. Le PPRD (23 au 24 janvier), le mouvement de libération, un parti d’opposition (27 au 28 janvier) ont fait de même. Honoré Mopaya, se réjouit de l’augmentation du nombre de députés natio­naux dans leur parti, “En 2006 nous avons eu 7 élus et 9 en 2011 dans toute la province”. “L’opposition est mal accueillie par les politi­ques et par la communauté très ancrés dans le parti au pouvoir, les électeurs suivent ceux qui font des dons” analyse le Dr Simon Bo­kongo, président fédéral du MLC.

Selon des observateurs, de nombreux candi­dats comme leurs partis étaient peu connus du public, des partis n’ont pas de vrais mili­tants mais des gens qui suivent les cadeaux. En outre, ces partis ne sont pas suffisamment implantés et n’ont pas de sièges. Espérant les frais du parti, certains candidats ont battu campagne en retard, d’autres n’ont pas pu le faire. “J’ai réalisé une campagne de proximi­té faute de cadeaux à donner aux électeurs, je fais le porte à porte” témoigne U, un can­didat de l’opposition. Selon le professeur Benoit Kuda, l’électeur n’est pas séduit par le discours ou message politique mais par les réalisations concrètes des candidats.

 

Des partis électoralistes

“La plupart de ces partis ne forment pas l’opinion publique. Ils n’encadrent pas leurs militants. Ils ne sont visibles que pendant les moments électoraux”, selon le professeur. Ce qui ne permet pas un ancrage social. Les individus dépassent le parti et souvent les membres suivent l’homme et non l’idéologie du parti. Plusieurs militants ont émigré à la veille des scrutins quand une personnalité a quitté le parti x pour fonder un parti y. “Il est difficile que notre population vote utile, car les partis ne communiquent pas suffisam­ment sur leur fonctionnement et la marche du pays”, affirme Benoît Kuda.

 

Trésor Mokiango

Par journalmongongo.over-blog.com - Publié dans : Mongongo 53
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