Lignes aériennes congolaises : la descente aux enfers

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Impayés depuis 20 ans, les agents de la compagnie publique d’aviation ne lâchent pas prise et continuent à vivre d’espoir… et des travaux d’assistance aux avions des autres compagnies. Ils attendent l’éventuelle privatisation de l’entreprise.

 

En plein cœur de la ville de Kisangani, le bureau des Lignes aériennes congolaises (LAC, autrefois Air Zaïre), entreprise publique de transport aérien, n’est plus que l’ombre de lui même. Des travailleurs nostalgiques du passé. “Le “Lac” est dans le lac. Il faut sortir “Lac” du lac” soulignait humoristiquement, Abdoulaye Ndombasi, ancien vice président de la République lorsque des partenaires étrangers ont conclu un accord de redressement l’entreprise. Mais ce partenariat n’a pas permis la relance.

 

La mégestion toujours

Seules les revendications salariales dans les médias, des agents qui accusent plus de 20 ans de non paiement rappellent aux habitants cette société. En mai dernier, la cinquantaine d’agents qu’elle compte encore a exigé le départ du  directeur et du comptable. Ils les accusent de mauvaise gestion des maigres recettes de l’entreprise. “Il n’y a pas de détournement. Un inspecteur dépêché de Kinshasa a audité,” explique Yangambia Mbeilo, le directeur provincial.

Le chargement, le déchargement et  le dépannage des avions des privés, la mise en location de ses matériels (Le Dolly pour le transport des marchandises, l’élévateur, le air-stater pour assister un avion en difficulté au démarrage, l’escalier) sont les quelques services que les Lac apportent aux différentes compagnies aériennes, en particulier Kenya Airways et qui lui rapportent un peu d’argent. “C’est depuis le régime de Mobutu que le salaire n’arrive plus, on ne vit que de primes”, se plaignent les agents, qui continuent à espérer, sans y croire vraiment, que le gouvernement va payer leurs arriérés

L’entreprise est tombée en faillite dans les années 1995 à la suite de problèmes de gestion. “Plus de voyageurs gratuits que payants, absence de rigueur dans la gestion, des créanciers insolvables, des détournements...”, en sont les causes selon les analystes. “Sur 31avions que comptait LAC à sa création, il ne reste qu’un seul Boeing 737 qu’elle a acquis par un recouvrement forcé de ses dettes”, informe un agent. Selon certains agents, les politiciens qui ont leur propre compagnie n’ont pas le souci de redresser les Lac. Le dernier vol sur Kisangani remonte à septembre 2010. Pourtant selon le chef d’agence, son entreprise n’a pas connu de crash en 40 ans de service.

 

Espoir d’une privatisation

Les travailleurs ont vieilli mais ne baissent pas le bras. Chaque matin, ils sont présents pour connaître le programme des vols de la journée et espèrent toujours un redécollage de leur société et surtout sa privatisation. Celle-ci dispose encore de techniciens bien formés comme ce marchellair qui oriente les avions pendant l’atterrissage et décollage.

Cependant de nombreux agents et pilotes ont migré vers les privés après avoir été formés parfois en Europe par LAC.

David Malisi et John Sindani

Publié dans Mongongo 40

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