Mieux contrôlées, les recettes des taxes d’étalage augmentent

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Depuis l’entrée en fonction du nouveau maire, il y a près d’un an, les recettes des taxes d’étalage du marché central de Kisangani ont presque doublé. Mais, la société civile réclame plus de transparence et de contrôle dans l’affectation de ces fonds.

 

Je réalise plus de recettes par mois que mes prédécesseurs. J’ai atteint la performance que voulait le maire”, souligne assez satisfait Norbert Bosenge, gérant du marché central de Kisangani. “De 500 à 700 mille francs par jour” sous le maire précédent, les recettes ont atteint 1,5 million de francs par jour avec l’actuel en moins d’une année .C’est le résultat de la rigueur du nouveau maire, Augustin Osumaka, qui n’a pas hésité à remplacer quatre fois en un semestre l’équipe dirigeante du marché pour insuffisance de résultats. Pour le seul mois de juillet, la mairie a encaissé 360 millions de francs congolais.

“Le marché compte plus de 7000 vendeurs, la maîtrise de cet effectif m’a permis de surveiller le nombre de tickets à remettre aux percepteurs pour limiter la fraude”, explique Norbert Bosenge. Chaque étale paye 200 fc par jour. Les Kapita (représentants des catégories de vendeurs, ndlr) sont associés à ce travail. “On me fait intervenir si un vendeur de mon rayon refuse de payer”, explique Valéry Dunia, du rayon des friperies. Une satisfaction pour l’autorité urbaine qui, en mars lors d’un café presse avec les journalistes sur la gestion de la ville se plaignait de l’évasion fiscale.

Les marchés communaux eux ne réalisent pas grand-chose. Le nombre de commerçants n’est pas maîtrisé et ceux-ci leur préfèrent les marchés central et IAT. Les trois marchés (11ème, 15ème avenues, djubudjubu) de la Commune Tshopo réalisent à peine 100 mille Fc par jour, selon Léon Omumoki, Bourgmestre adjoint. Le marché IAT de 270 vendeurs ne mobilise 70 000 Fc que les mardi et vendredi, jours d’accostage des pirogues.

 

Fraude et absence de culture fiscale

Au mois d’août dernier, trois percepteurs du marché central ont été suspendus pour avoir perçu de l’argent sans remettre un ticket. Certains percepteurs ont des tickets parallèles.

Les commerçants également rechignent souvent à payer “il faut toujours une contrainte”, se désole Norbert Bosenge. Au marché central, on assiste à des disputes et bagarres entre collecteurs et vendeurs. Certains percepteurs exonèrent illégalement leurs amis, frères,…

Par ailleurs, certains membres de la société civile et les vendeurs s’interrogent sur l’utilisation  des fonds. “On n’en voit pas bien l’affectation”, affirme Ferdinand Ntabyo, coordonnateur de Congo en image, une ong qui forme la population au contrôle citoyen de l’action publique. Difficile d’avoir des détails sur les budgets de ces entités territoriales décentralisées (Etd). “Les toilettes du marché sont bouchées et l’eau coupée depuis plus de trois ans. On ne sait vraiment pas à quoi sert cet argent”, hurle une vendeuse au marché de la 15ème Tshopo.

 

Transparence et contrôle

Selon le maire de la ville, la priorité est accordée aux  travaux d’assainissement. “La marie et les communes dispose chacune d’une brigade de 20 à 40 personnes pour nettoyer les rues et curer les caniveaux. 140.000 Fc sont déboursés par jour pour environ150 saisonniers”, signale le Maire. Léon Omumoki, bourgmestre adjoint de la Tshopo ajoute que ces ressources servent pour la prime des agents, l’achat de fournitures de bureau, les cas sociaux,...

“Les travaux doivent être plus pratiques que théoriques car la ville peine à se faire belle. il suffit qu’il pleuve pour évaluer la nature des travaux effectués” réplique F. Ntabyo. Pour la société civile, la mise en place des conseillers urbains et municipaux est essentielle pour contrôler ces fonds.

Trésor Boyongo/Octobre 2011

 

Publié dans Mongongo 46

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