Plus d’électeurs inscrits mais peu de contrôles de leur identité

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Les attestations de pertes de pièces sont désormais délivrées gratuitement dans les communes. Le nombre d’enrôlés augmente mais la société civile s’inquiète du manque de contrôle de l’identité des requérants.

 

Depuis début mai, le gouverneur de province a instruit tous les bourgmestres de délivrer gratuitement les attestations de perte des pièces aux habitants pour qu’ils aient accès aux centres d’inscription des électeurs. Ceux-ci sont du coup pris d’assaut. “Je reçois plus de monde qu’avant venant des communes Mangobo, Tshopo avec des attestations”, affirme Muredi Donatien, préposé d’identification au centre d’enrôlement de l’EP Lilemo. Cette décision du gouverneur fait suite au faible taux d’enrôlement enregistré par la Ceni. Le manque des pièces d’identité et l’absence de sensibilisation en sont les principales causes.

“Les gens viennent de Makiso, route Buta, Ituri. Mais depuis le 9 mai, le stock de ces attestations est épuisé”, déclare le chargé de l’État civil de la commune Kabondo. Chaque habitant achète son attestation de perte de pièce au marché et vient la faire signer. Désormais 80 attestations sont signées par jour contre moins de 20 avant la gratuité. Même engouement devant le bureau administratif de Mangobo envahi en majorité par des jeunes.

 

Craintes de non contrôle

Ces attestations sont cependant délivrées ou signées sans contrôle préalable des identités du requérant (nationalité, adresse, commune…). Les habitants vont dans les communes où les procédures sont les plus rapides. Certains chefs de bloc et de quartier se contentent d’apporter à l’État civil communal la liste des personnes qui sollicitent l’attestation. “Les chefs de quartiers et d’avenue devraient plutôt nous aider à identifier si le requérant habite effectivement dans son entité”, estime le préposé à l’État civil de Kabondo. Un de ses collègues lui craint une fraude.

Le 10 mai dernier, au cours d’une rencontre de restitution de 8ème forum national des Ong des droits de l’homme à la salle de conférence de la Monusco, les acteurs de la société civile ont émis des craintes de voir des étrangers s’enrôler. Le chargé de communication de la CENI invite la population, les associations, mutualités et Ong locales à observer de près les listes électorales pour débusquer les étrangers, les militaires, les policiers… Depuis le début des opérations d’enregistrement des électeurs, les témoins des partis politiques et les observateurs de la société civile sont rares. Tous n’ont pas des moyens de les prendre en charge. Ce qui inquiète la CENI.

 

Mobilisation de décideurs et leaders d’opinion

De son côté, le gouverneur s’est rendu à Ubundu (125 km) et Buta (400 km) accompagné des députés du coin pour sensibiliser les habitants à s’enrôler massivement. “Il est inconcevable que dans le territoire le plus proche de Kisangani les gens ne s’enrôlent pas”, affirme Damas Esole, chargé de communication du gouverneur. Pour sa part, l’archevêque de Kisangani (Église Catholique), Monseigneur Marcel Utembi, a invité les fidèles à s’enrôler en nombre, comme lui-même l’a fait au centre Maele. Il saisit l’opportunité de ses homélies et visites pastorales pour passer le message. “C’est un devoir civique. Allez obtenir votre carte d’électeur”, dit-il

Ernest Mukuli

 

 

 

 

Publié dans Mongongo 39

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