Police et Ceni mettent fin à la campagne anticipée dans les rues

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Depuis le début du mois, la police nationale congolaise et la Ceni débarrassent la ville des calicots et banderoles des candidats aux élections qui faisaient ainsi campagne avant la date officielle. Mais les médias appelés à en faire autant ne respectent guère cette règle.

 

Depuis le 1er octobre, une équipe conjointe de la Ceni et de la Police nationale congolaise enlève et détruit les affiches, banderoles, calicots, posters et panneaux publicitaires placés par certains candidats dans les lieux publics. Deux jours avant, le général David Masandi, commissaire provincial de la PNC avait demandé à chaque candidat de les enlever pour se conformer à la loi. Ceux-ci transmettaient des messages parfois voilés relevant d’une campagne électorale avant l’heure. En effet, le 22 septembre, le gouverneur de province relayant la décision du ministre national de l’Intérieur a demandé aux commissaires des districts et au maire de la ville de stopper cette campagne électorale anticipée qui viole la loi électorale et le calendrier établi par la Ceni. Celle-ci en a fixé les dates du 28 octobre au 26 novembre.

Au centre ville de Kisangani, tous ces éléments de propagande électorale déguisée ont disparu. A la place du Canon, il a été demandé au Rassemblement des associations membres de la majorité présidentielle (Rama) qui a placé une grande effigie du président de la République de le couvrir explique un policier. Mais dans la périphérie, certains calicots traînent encore. “Nous allons étape par étape”, ajoute le policier.

Un geste que salue le Réseau des Ong de défense des droits de l’homme (Reprodhoc) qui avait dénoncé ces messages électoraux avant l’heure le 14 septembre, lors d’une réunion mensuelle tenue dans la salle de la Monusco. “Nous sommes dans un Etat de droit, nul n’est au dessus de la loi. Les candidats doivent attendre la période de la campagne électorale telle que fixée par la loi électorale et l’accès aux médias doit être garanti à tous les prétendants”, martèle Servain Ndumba, secrétaire du Reprodhoc.

 

Se faire voir du public

Avant cette décision, on pouvait voir sur la route de l’aéroport de Bangboka, dans les quartiers et les avenues, les marchés, devant les boutiques, maisons d’habitation, débits des boissons et autres coins de la ville, des banderoles avec des mentions telles que  “x soutient en 100% y ; staff x soutient z ; x l’homme de ceci ou cela”. Certains candidats ou leurs délégués payent des jeunes des quartiers pour entretenir ces calicots. “Il nous a remis 20 $ pour que nous veillions sur ça”, témoigne un jeune au marché Balese dans la commune Mangobo.

Les candidats, personnalités et partis peu connus du public, oubliés ou novices en politique pensaient ainsi se faire connaître des populations. “Je n’en ai mis que devant la porte de mon école pour que cela ne donne pas un caractère de propagande”, se justifiait M. Likunde lia bosongo. “Il faut assurer la visibilité sur terrain”, déclarait Mathieu Liteto 25, partisan de l’Afdc retrouvé sur la 17ème avenue Kabondo. “Il ne s’agit pas de la campagne mais des activités de sensibilisation reconnues à tous les partis politiques”, affirmait le Coordonnateur de la majorité présidentielle, Alphonse Longange.

 

Les médias interpellés

Ce communiqué du 22 septembre 2011 rappelle aussi aux radios et télévisions qu’elles doivent stopper cette campagne anticipée dans leurs reportages. Sur les antennes des radios et télévisions de la place ou captées depuis Kinshasa, les représentants des partis politiques sont de plus en plus remarqués. Ils y occupent des espaces pour montrer les actions de bienfaisance réalisées par leurs partis ou leaders. Les reportages démontrent la capacité du candidat à mobiliser la foule.

Certains journalistes font l’apologie des candidats et paraphrasent même leurs slogans dans les reportages ou émissions. “Le journaliste ne doit pas montrer sa couleur politique dans ses reportages ou émissions”, déclare Jean Pierre Lifoli journaliste et professeur de Sciences politiques. Dans certains médias des politiques, les informations sont axées essentiellement sur les activités politiques de leur promoteur et de son parti.

“Nous passons dans les rédactions pour sensibiliser les responsables de ces médias sur l’équilibre et le respect strict de la déontologie dans le traitement des informations mais rien ne change”, regrette Benoît Kuda Pombwa, coordonnateur provincial du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (Csac). Il ajoute que les directives du Csac recommandent d’accorder 30 % aux informations du gouvernement, 30 % à la majorité au pouvoir, 30 % à l’opposition parlementaire et 10 % à l’opposition extra parlementaire.

Christian Uzilo/Octobre 2011

Publié dans Mongongo 46

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