Quartier Kapalata/Les vaches dévastent les maisons et les champs

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Depuis près de deux ans, les éleveurs et cultivateurs se regardent en chiens de faïence au quartier Kapalata. Les vaches des éleveurs broutent les produits des champs des paysans et détruisent leurs maisons. Certains habitants excédés déménagent ou tuent les vaches des paysans. La tension est forte.

 

Selon Alphonse Bawe, chef de quartier, depuis début 2010, 39 maisons en terres battues et couvertes des pailles ont été détruites par les vaches et abandonnées par leurs habitants. “En février dernier, les vaches ont détruit mon champ de maïs et de canne à sucre  la nuit”, se lamente une maman au quartier Kapalata (7 km) sur la rive droite de la rivière Tshopo sur la route Banalia. De nombreux champs broutés par les vaches. Ce qui contraint les paysans à cultiver plus loin.

En effet, depuis près de trois ans, les éleveurs viennent de l’Ituri à pied parfois (700 km) avec des bêtes pour les vendre à Kisangani. Selon Médard Magolo, gérant de l’abattoir public de Mangobo, la ville ne connaît plus de carences en viande bovine depuis 2009 grâce à eux.

Pour garder leurs bêtes en attente des clients, ils se sont installés au quartier Kapalata avec l’accord des chefs locaux. Ces endroits inhabités servent des pâturages afin que les vaches reprennent du poids pour les vendre à un prix abordable. L’autre raison est que la ville n’a pas de chambres froides appropriées et de courant en permanence pour conserver ces vaches une fois abattues. Mais les éleveurs ne clôturent pas les lieux où broutent leurs  bêtes qui détruisent champs et maisons des paysans.

 

Cohabitation difficile

“J’ai assisté le 5 mai dernier à une dispute entre une veuve et les gardes-boeufs parce que leurs vaches ont dévasté son champ”, déclare Mwinyi Selemani agent recenseur au quartier Kapalata. Éleveurs et paysans vivent sous tension. La méfiance est grande. Sur les avenues Limboloko et Shuwa, les vaches sont gardées dans des enclos en bambou, mais dévastent les champs lorsqu’elles se dirigent dans de verts pâturages.

Deux jeunes convoyeurs des bœufs rapportent que les habitants ont tué une vache et blessé 16 autres au mois d’octobre dernier. “C’est une façon pour nous de protester contre la destruction des produits de nos champs, notre unique activité” réagit en colère un habitant trouvé devant le bureau administratif du quartier Kapalata. L’habitant, qui a tué cette vache a fait la prison. Selon Savo Bataga, président de l’Association des commerçants fournisseurs de vaches, plus de 20 vaches sont tués par les habitants en guise des représailles depuis qu’ils sont sur ce site.

“C’est par manque de moyens d’aller ailleurs que nous vivons avec ces vaches qui nous agacent”, lance une habitante. Les habitants ne comprennent pas cependant pourquoi les autorités politico administratives ne prennent pas des mesures d’encadrement alors que le chef de quartier en fait régulièrement rapport à sa hiérarchie. “En février dernier l’inspecteur communal du service vétérinaire est venu se rendre compte de la situation mais jusque là aucune solution”, regrette Yaya Kindia chef adjoint. Pourtant selon le chef Alphonse Bawe, dans le même quartier, le Président de la république a une ferme qui est clôturée.

Odette Kaseka

 

Publié dans Mongongo 39

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