Reportage de quartier/De l’eau propre dans la “cité canadienne”

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Depuis août dernier, l’eau potable coule à nouveau dans la “cité canadienne”, une agglomération de près de 8 000 habitants située sur la rive droite de la rivière Tshopo dans la commune du même nom. C’est vers les années 1997 que cette cité a accueilli ses premiers habitants, victimes d’une inondation. Leur installation avait été rendue possible grâce à un financement du gouvernement canadien pour la construction des maisons en terre battue. D’ou le nom de cité canadienne.

Quatre bornes fontaines ont donc été construites à proximité des habitations par la Régie de distribution d’eau, avec le financement du gouvernement provincial. Depuis plus de trois ans, les habitants délocalisés du site de construction de l’Hôtel du gouvernement vivaient avec ceux trouvés dans cette cité qui n’a pas de raccordement eau potable. Avant eux, des réfugiés venus du Soudan s’y étaient installés.

Privés d’eau potable, les habitants consommaient l’eau impropre des sources. “Nous pouvions y voir des ascaris rouges (vers parasites, Ndlr)”, se souvient Lobela Honorine, une habitante. “Sur 1 000 malades enregistrés depuis le début de cette année, 80 % souffraient de la malaria et 60 % de maladies d’origine hydrique”, informe Annie Lole, infirmière au centre de santé Maria Malkia. Beaucoup d’habitants souffraient de la typhoïde, maux de vente,... “Ces bornes fontaines représentent un soulagement. Avant, nous parcourions deux kilomètres pour puiser de l’eau. Mais, elles ne sont pas des cadeaux, plutôt un droit. En nous délocalisant, les autorités avaient promis l’eau et l’électricité”, rappelle Catherine Elemba, une habitante.

D’autres progrès sont attendus. La cité canadienne ne dispose pas d’un centre de santé, ni d’une pharmacie de secours. “Nous recourons au centre de santé Malkia de l’église catholique et celui de la 21ème Communauté nations du christ en Afrique (C.N.C.A) à deux kilomètres d’ici”, se lamente Divine Asuga, enceinte et visiblement fatiguée. Les habitants se plaignent également de la divagation des vaches qui dévastent les champs et détruisent les maisons. De petits conflits qui minent les relations entre habitants.

Hortense Basea. Septembre 2011

Publié dans Mongongo 45

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