Reportages de quartier

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Les déplacés de Simisimi peinent à reprendre une vie normale

 Je recommence la vie à zéro ici à Segama alors que j’avais déjà une maison à Simisimi d’où nous avons été chassés”, se plaint Marie Ma­sumbuko, mère de neuf enfants. Tous passent nuit dans une maison d’une seule pièce en bambous et inachevée Depuis juin 2011, 96 mé­nages ont été déguerpis de la concession des prêtres du Sacré coeur à Simisimi. Certains ont été délocalisés dans le quartier Segama au fin fond dans la commune Mangobo, d’autres derrière les prêtres mais dans un endroit détruit par les ravins de carrières de sable et gravier et le troisième groupe tout près de l’aéroport de Simisimi dans une étendue donnée cette fois définitivement par les mêmes prêtres.

Difficile pour ces familles de vivre normalement dans un quartier trouvé à l’état de nature. Pas de route, pas d’avenue, pas d’eau mois encore d’électricité. Tous devaient commencer par construire de nouvelles habitations sur le lieu. Mais dépourvu de moyens, certains dorment presque à la belle étoile. A l’entrée du quartier Segama, des herbes et du sable envahissent la petite route. Même la moto a du mal à rouler. Il faut au moins quinze à vingt minutes de mar­che pour atteindre “Mugulu ya mboloko”, cette nouvelle cité per­due. “Lorsqu’il pleut, toutes les maisons sont inondées”, témoigne Naomi Tshela habitante de ce quartier. Le quartier ne dispose non plus d’un dispensaire de secours. Selon Mambo Bahati, président de l’association “Union fait la force de la cité saint Gabriel”, certaines femmes étaient même violées lorsqu’elles allaient chercher de l’eau. Regroupés dans cette association, les jeunes tracent des ruelles dans les avenues.

Ceux qui habitent derrière la concession des Prêtres, n’arrivent pas à construire normalement à cause des trous laissés par les carrières. Les eaux qui y stagnent, favorisent la multiplication des moustiques.

Natacha Kongolo

 

L’attroupement de curieux devant les kiosques de vente des disques bloque le passage

Sur le boulevard du 30 juin, à l’entrée de l’hôtel “le chalet”, une foule de jeunes s’agglutinent devant un kiosque de vente des CD pour visionner le nouvel album de Koffi “abracadabra” ou le documentaire “qui a tué Kabila ?”. Piétons, taximen avec leurs vélos et motos bloquent presque la moitié de la route. Tous très concentrés, ils ne se soucient guère de faire passer les camions. Ce spectacle est devenu courant dans la ville depuis la prolifération de maisons de disques. Faute d’argent pour acheter ces cd ou de courant pour les voir à la maison, ces jeunes préfèrent voir les nouveautés diffusées sur les écrans de ces “cinémas” de rue qui mettent le son à tue-tête pour alerter les potentiels acheteurs.

Selon un policier, ce sont le plus souvent de jeunes villageois qui veulent découvrir l’ambiance de la ville. Deo Poussa, un policier de roulage au rond point Espace 3000, explique que si les gens traînent sur la voie publique en train de regarder les films, c’est déjà un mauvais stationnement qui est punissable par la loi. En outre, ils occupent les voies publiques créant des risques d’accident.  

Armand Kitoko, stagiaire /Unikis

 

Quartier Motumbe : le pont Kabondo a cédé

Dimanche 12 février, un taximan moto transportant une femme et son enfant a terminé sa course dans la rivière Kabondo. Il roulait sur le pont qui porte le même nom au quartier Motumbe au Plateau Boyoma. C’est en octobre 2011 que ce pont a cédé, son armature s’est détachée de la terre. A chaque pluie, les maisons et toute la voie sont inondées. Difficile de passer pour plus de 10 000 habitants de ce nouveau quartier en plein essor. La charge de gros véhicules qui transportent limonites, sable…pour les chantiers de la ville a affaissé ce pont initialement conçu pour de petits tonnages. En attendant les pouvoirs publics, les habitants tentent de poser des sacs des terres comme digues.

 

Armand Kitoko, stagiaire /Unikis

 

Commune Mangobo : un pont non achevé, l’eau inonde les maisons

Situé non loin de l’église Assemblée chrétienne, en face du bureau administratif de la Commune Mangobo sur la route principale qui mène vers la Société textile de Kisangani (SOTEXKI), le pont communément appelé “Medard Aucai”, du nom du gouverneur reste inachevé. L’eau déborde de son lit quand il pleut. Les maisons voisines sont inondées tout le temps et les habitants perdent tous les biens. Erosions et accidents sont nombreux. Depuis 2010, la construction de ce pont peine à se terminer. En 2010, l’ong du député provincial Salumu a gagné le marché de sa réhabilitation sur les fonds du gouvernement provincial. Mais les travaux ont traîné et étaient peu satisfaisants. Le gouvernement provincial a repris les choses en main. Mais seule une partie de ce pont a été réhabilitée.

 

                                                                                                      Armand Kitoko, stagiaire /Unikis

Publié dans Mongongo 54

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