Routes Ubundu et Banalia : les électeurs n’ont pas toujours vu leurs candidats

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Les électeurs de l’arrière province attendent toujours de voir leurs candidats qui ne viennent pas ou se contentent de leur laisser des calicots. Ils s’inquiètent et  craignent d’élire des députés  qui ne connaissent pas leurs problèmes. Reportage sur les routes d’Ubundu et de Banalia.

 

A l’intérieur de la province, les candidats ne se montrent guère. Les électeurs ne les ont toujours pas vu depuis le lancement de la campagne électorale le 28 octobre. Ils ne connaissent que leurs photos et les mobilisateurs qui préparent le terrain en donnant le numéro et le non du candidat.

Certains candidats qui passent inaperçus à Kisangani ont placardé  leurs affiches dans ces  localités périphériques. Pour éviter les messages de haine et de provocation, certains chefs locaux tentent d’imposer aux crieurs un code de conduite. “Je leur dit d’éviter les injures, les attaques contre les autres candidats au risque que je suspende leur campagne et entame des poursuites judiciaires”, affirme le chef du village Babusoko au pk 34.

Faute de voir leurs candidats en chair et en os,  la population regarde  leurs photos. “S’ils viennent, nous demanderons aux anciens élus ce qu’ils ont fait concrètement et ce qu’ils comptent faire encore. Aux nouveaux, leurs priorités”, explique Nassoro Awazi, un habitant du PK 25 qui regrette que la connexion du milieu au réseau téléphonique promise en 2006 n’ait pas été réalisée.

Tout au long de la route vers Ubundu, on remarque là des calicots, ailleurs des photos des candidats. Crieurs et mobilisateurs s’époumonent pour convaincre les habitants de voter pour leur candidat. Au PK 19 sur la route Ubundu, au Nord Est de Kisangani, les photos de plusieurs candidats députés sont affichées devant la maison d’une femme. “Je voterai pour celui qui m’aidera avec mes enfants”, se justifie-t-elle. Au fond du village flotte le drapeau d’un parti politique nouvellement créé. “Nous sommes déterminés à voter pour que la paix demeure, que les enfants aillent à l’école, accèdent aux soins de santé”, ajoute un vieux moniteur agricole, qui prend sa tasse de café.

Plus loin, à l’entrée de PK 25, un jeune homme place le calicot d’un candidat. A Babusoko à 34 km, un mobilisateur sur son vélo crie à l’aide d’un mégaphone : “Voter numéro x comme président et y député, car nous n’avons que ces deux numéros !”. A la porte du dispensaire, les photos des candidats sont placardées. Certains mobilisateurs demandent aux paysans d’établir une liste de leurs besoins qu’ils soumettront au candidat. “Nous avions mis des machettes, houes, bottines..”, déclare un habitant. “On a exigé de nous de ne pas perdre ces photos, car lors de passage du candidat, on l’exhibera pour avoir de l’assistance”, témoigne un jeune de 27 ans trouvé à côté d’un calicot au PK 34.

Même situation sur la route Banalia, territoire situé à 128 km à l’Ouest de Kisangani. Calicots, affiches des candidats de la majorité présidentielle (MP) à coté des drapeaux des partis politiques sont présents un peu partout. Du PK14 à 45, il n’y a que deux drapeau x de deux partis de l’opposition.

 

Des calicots mais pas de message

Chaque jour, très tôt le matin, les enfants, jeunes et vieux attendent les candidats. Dimanche 6 novembre au village Bambane au PK 3, un candidat arrive avec une jeep, les gens se précipitent vers lui. Il se contente de laisser un calicot portant son nom sans transmettre de message et redémarre. Cette situation  inquiète les habitants qui veulent parler avec les candidats. “Ah ! Il est parti déjà ?” regrette la foule.

“Les candidats viennent seulement nous laisser les calicots sans demander ce que nous voulons. En 2006, nous avons voté sans contrôle, cette fois ci, ce sera un vote contrôlé car ils doivent résoudre nos problèmes”, souligne un père assis sur sa chaise longue. “Le samedi 4 novembre, des membres de l’Union pour la nation congolaise(UNC), parti d’opposition, sont passés en promettant de s’arrêter à leur retour, mais ils ne l’ont pas fait.. ”, regrette Faliala Selemani, un habitant du village.

Cependant selon Dieudonné Lousale, encadreur du développement rural à Bengamisa, “la population suit l’actualité électorale grâce aux antennes paraboliques, des téléviseurs donnés par un parti politique avant la campagne électorale  aux églises, associations”...

Trésor Mokiango/Novembre 2011

 

Publié dans Mongongo 48

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