Sans argent, certains candidats abandonnent la compétition

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Sans argent pour faire campagne - imprimer des photos, organiser des tournées - certains candidats à la députation nationale multiplient des stratégies pour se faire connaître. D’autres jettent déjà l’éponge.

 

Deux semaines après le lancement de la campagne électorale, la ville est calme. Seuls quelques candidats nantis ont organisé des carnavals suivis par les foules qui attendent l’argent du transport, ont accès aux médias et peuvent placarder leurs affiches dans les rues

De jeunes diplômés d’université, des enseignants du secondaire et autres candidats qui attendaient des fonds de leur parti pour battre campagne ne savent même pas comment imprimer des photos. “Tu sais que je suis aussi candidat ? Je n’ai pas encore fait des photos mais retiens quand même mon numéro”, communique un enseignant candidat à l’une de ses voisines.

D’autres impriment des photos en noir et blanc qui à force d’être photocopiées ne permettent pas d’identifier le candidat. “C’est pour montrer le nom et le numéro en attendant que l’on imprime des photos en couleur”, témoigne un candidat sur la 12ème transversale dans la commune Kabondo.

Un seul candidat, qualifié de candidat de pauvres, transporteur de marchandises à vélo, est accepté par les habitants sans qu’il ne distribue de cadeaux. Ce sont les électeurs qui lui impriment des photos, fabriquent des calicots et composent des chansons.

Certains découragés et craignant de ne faire que de la figuration, jettent l’éponge. Ils n’annoncent même pas leur candidature aux proches. “C’est trop tard pour moi ! Je me prépare pour la députation provinciale”, déclare un candidat désespéré.

D’autres s’efforcent de faire comme ils peuvent. “Chaque jour quand je rentre du travail je fais du porte à porte pour me faire connaître”, affirme un candidat de l’Udps. Certains sont aidés par les membres de leur famille.  “Je viens vous signaler que mon oncle postule. Il est juriste. Je vous amene ses photos, songez à lui”, déclare C.B., sur la 1ère avenue Plateau Boyoma.

Toutefois, les électeurs curieux écoutent leur message car, pour éviter les demandes d’argent et cadeaux, ces candidats impécunieux préfèrent expliquer le rôle du député. “Le député n’est pas celui qui vous offre de cadeaux, ou fait de grandes promesses, mais celui qui plaide pour que vos préoccupations soient prises en compte une fois à l’assemblée”, affirme un candidat qui échangeait avec un groupe des taximen moto devant l’Alliance franco congolaise (Afraco). Ce qui convainc certains électeurs.

Christian Uzilo/Novembre 2011

 

Publié dans Mongongo 48

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article