Sans t-shirt ni cadeau, les candidates se rapprochent des électeurs

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Pas facile pour les femmes de battre campagne sans donner de l’argent. Elles préfèrent parler avec de petits groupes d’électeurs pour les convaincre. Certains le sont.

 

Depuis le début de la campagne, seules trois candidates venues de Kinshasa rivalisent les hommes qui ont des gros moyens de mobiliser les masses, de placer de grandes affiches et banderoles, distribuer des t-shirts, organiser des carnavals. La grande majorité de femmes, une vingtaine qui a postulé, se contente de faire le porte à porte ou des causeries avec des petits groupes. Elles sont sans grands moyens dans une campagne où même les hommes sans moyens jettent déjà l’éponge. Difficile pour ces femmes de payer le transport de militants ou de donner de cadeaux qu’exigent les électeurs. Berth Wassi, (candidate malheureuse en 2006) du Parti UPR et Marie-France Singa de CCU, qui postule cette année, disent avoir épargné les maigres ressources des produits de leurs champs, depuis 2006 pour la première. “Je fais le porte à porte .C’est la stratégie adoptée par mon bureau d’étude. Je serais visible a la dernière semaine de la campagne’’, explique Thérèse Benda du RCD. Le Collectif des Femmes a sensibilisé les femmes à voter femmes. “Personne ne peut mieux parler des femmes si ce n’est elle-même’’, plaide Jolie Mugisa, avocate au barreau de Kisangani.

 

Messages de conscientisation

Ces femmes candidates cherchent à convaincre plus par le discours que de cadeaux. “Si je te fais un cadeau de t-shirt, du sel… je t’injurie car dès la naissance,  tu portais le t-shirt. Rien ne va changer dans ta vie. L’essentiel est d’être vigilant”. C’est le message de Marie France Senga à ses adeptes à chaque rencontre. “Je ne donne rien comme argent ni promesse.  Seulement le message de réveil de conscience. La base ne me réclame rien”, ajoute–t-elle. Elle affirme avoir convaincus 56 nouveaux adhérant  qui ont acheté la carte du parti à1$ à Lubuya Bera au PK 18. “Je voterai même  sans cadeau pour celui qui songera à la population. Les candidats de 2006, avaient  acheté  nos voix contre sel, T-shirt,  képi, babouche  et ils n’ont rien fait pour  nous mais ils reviendront avec des cadeaux pour se faire élire”, explique un jeune convaincu après la rencontre avec une femme candidate dans son quartier dans la commune Tshopo. Lyly Botwetwe, candidate du parti pour la Révolution Populaire insiste sur l’autoprise en charge de la population.

De son côté, Marie Senenge Sakina, du RCD (Rassemblement Congolais) parle de sa candidature aux membres de sa famille et connaissances en rappelant ses services rendus comme enseignante et bourgmestre. “Nous avions recommandé aux candidates de sensibiliser plus leurs membres de famille, les amis et connaissance car ils sont les premiers électeurs et ne tiendront pas vraiment comptent de l’argent comme les autres”, explique Jacqueline Lusanda vice présidente du Réseau Femme et Développement.

 

Un environnement politique difficile

Plusieurs mois au paravant, les femmes réunies au sein de collectif de femmes ont été formés sur les stratégies de campagne pour conquérir l’électorat. Mais la prédisposition populaire aux dons et cadeaux leur complique la tache. “Mon collègue du parti a reconstruit le mur de son église qui s’est écroulé suite d’une pluie pour s’attirer la sympathie des chrétiens”, avoue MF Singa. “Les candidats acceptent d’utiliser tous les moyens pour être écoutés par la population. Ils ont compris que  c’est difficile de se faire élire sans faire de dons”, déclare A. Longange  coordonnateur de la majorité présidentielle. “Si les candidates se présentent mains bredouilles au près de la population, elles sont entrain d’amoindrir leur chance de gagner.”,  fait remarquer, Albertine Uzinga, Chef de Travaux à la faculté de psychologie à l’Unikis. Elles peuvent poser des actions communautaires ajoute-elle. Casimir Ngumbi, professeur de sciences politiques à l’Unikis, espère que les femmes doivent prendre conscience de s’unir pour voter les femmes pour occuper la place de décision.

 

 Hortense Basea et Maguy Libebele/Novembre 2011

Publié dans Mongongo 48

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