Site H: la très dure vie des veuves des militaires

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Les veuves de militaires s’insurgent contre les très maigres primes qu’elles perçoivent. Elles vivent, en effet, dans des conditions très dures et ont du mal à élever et scolariser leurs enfants.

 

Lundi 13 février, une cinquantaine de veuves de militaires, leurs enfants et petits enfants ont organisé un sit-in devant le site H (un hôpital inachevé dans la commune Mangobo) pour pro­tester contre la modicité de leur prime. Leurs maris sont tombés sur les champs de batailles et elles ont du mal à nouer les deux bouts. Elles préfèrent que leur prime soit désormais payée par le ministère de la Défense et non le ministère des Affaires sociales. “Le ministère des Affaires sociales est fait pour les pauvres et non pour les veuves de militaires. A part le salaire de chaque fin de mois, nous n’avons aucun autre avantage de la part de ce ministère, ni bêches, ni houes, ni machettes. Il y a des vivres et autres biens qui arrivent au ministère, on les donne seulement aux autres pauvres et pas à nous”, explique Maman Louise Isobela, la représentante de veuves.

Jean Marie Lofalata Wilombo, chef de bureau, services généraux à la division des affaires sociales clarifie les choses. “C’est depuis 2006 que les veuves militaires sont virées aux affaires sociales. Elles sont prises en charge par un financement de la Banque mondiale jusqu’au jour de leur rapatriement. C’est une erreur de vouloir rentrer au mi­nistère de la Défense car rien n’est prévu pour elles là-bas”. Au total 2 706 veuves relèvent de cette division pour près de 33 millions de francs congolais par mois.

Selon le lieutenant Kawaya, attaché de presse de la 9ème région mili­taire, les veuves des militaires ne sont pas des militaires pour récla­mer la prise en charge par le ministère de la Défense. Officiellement, il est reconnu que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) virent les primes des familles des militaires décédés au ministère des Affaires sociales. Selon lui, ces femmes bénéficient des avantages reconnus aux vulnérables et reçoivent des aides ponctuelles lors des fêtes par exemple. Il estime pour sa part que les représentantes de ces veuves détourneraient ces aides. Ce qui crée des remous.

 

Une précarité sans nom

Ces veuves touchent entre 21 500 et 12 000 Fc chacune, selon le grade de son défunt mari. Ces modiques sommes ne leur permettent pas de scolariser, soigner et nourrir leurs enfants. Ces veuves ont choisi cet hôpital inachevé pour s’abriter. Les grandes salles cet hôpital inachevé servent des chambrettes séparées des morceaux des cartons et des habits en lambeaux. Certains enfants dorment à même le sol et sans moustiquaire. La toiture suinte lorsqu’il pleut.

Des lambeaux d’habits couvrent des toilettes de fortune. Elles ramassent des brindilles et morceaux de bois par ci et par là pour cuire les aliments. La braise est une denrée rare ici. Il n’y a qu’un robinet pour environ 300 personnes. Elles font la queue pour puiser de l’eau. Pour trouver de quoi mettre sous la dent, ces femmes font des petits boulots dans la ville : désherbage des parcelles, domestique… Les enfants ne vont pas à l’école. “J’ai cessé d’enseigner à l’E.P. Umuja cette année car les enfants des veuves des militaires ne parviennent pas à payer la prime. Leurs mamans sont sous payées”, explique Ma­man Gulu, une maîtresse de cette école situé au site H dont les enseignants ne sont pas encore pris en charge par l’Etat.

 

John sindani

 

Payé selon le grade

Ces femmes sont payées selon les grades de leurs maris. Un colonel tou­che 21 508 fc. Major : 18 127 fc. Capitaine : 17 049 fc. Lieutenant : 15 974 fc. Sous-lieutenant : 15 213 fc. Adjudant chef : 14 832 fc. Adjudant pre­mière classe : 14 638 fc. Adjudant deuxième classe : 144 445 fc. Premier sergent Major : 14 150 fc. Sergent Major : 13 953 fc. Premier sergent : 13 461 fc. Sergent : 12 674 fc. Caporal : 11 336 fc. Soldat deuxième classe : 10 826 fc.

J. L.

 

Publié dans Mongongo 54

Commenter cet article