Wanie Rukula : l’hôpital tout neuf, mais moins de patients

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

L’absence de médicaments et le coût des soins découragent les malades qui sont peu nombreux à profiter des bâtiments tout neufs et bien équipés de l’hôpital de Wanie Rukula sur la route Lubutu.

 

Depuis début novembre, le poste d’encadrement de Wanie Rukula, situé à 60 km à l’est de Kisangani sur la route Lubutu a un nouvel hôpital. Construit par l’Eglise Catholique avec un financement de CORDAID, cet hôpital compte trois bâtiments. Les deux derniers viennent d’être mis en service le 3 novembre, le premier l’est depuis une année. Il a une capacité de 27 lits, une banque de sang qui fonctionne avec l’énergie solaire, un bloc opératoire équipé, une salle d’accouchement, un laboratoire ainsi qu’une moto pour les déplacements qui n’existaient pas avant dans ce vieux hôpital qui n’avait qu’un seul bâtiment.

Pourtant, “il n y a que trois malades sur 27 lits. Sur une population estimée à 74 000 habitants, seuls 100 viennent à l’hôpital par mois”, indique un infirmier. Ce sont les frais à payer, chers pour la majorité des paysans et pêcheurs qui font fuir les patients. “Une perfusion revient à 1 000fc, l’accouchement simple avec consultation prénatale 3 000 fc, l’accouchement difficile 4 500 fc et l’intervention chirurgicale à 45 000fc”, explique Emmanuel Ramazani, un infirmier. Certains malades sont retenus après leur guérison pour non paiement de factures et contractent d’autres maladies. “Parfois nous les libérons sans rien payer”, ajoute-t-il. “Le personnel privilégie les soins des femmes enceintes car elles ne peuvent perdre leur vie en donnant la vie.”, explique l’infirmier Ramazani. Avant “les femmes, les enfants, les hommes malades étaient alités dans la même chambre”, témoigne Roger Keta le médecin directeur.

Cette structure sanitaire publique comme tous les autres hôpitaux publics manque aussi de médicaments. Normalement 60 % de l’argent que payent les malades est utilisé pour l’achat des médicaments et le reste est versé en prime au personnel de l’hôpital. “Nous ne traitons qu’avec quelques aspirines et autres médicaments de première nécessité”, s’inquiète Djumaini Mende, infirmier. “Parfois nous n’achetons qu’une boite de paracétamol”, se plaint Roger Keta.

 

Pas de médicaments

Les populations préfèrent ainsi faire confiance aux guérisseurs locaux ou aller dans les centres de santé ou à l’hôpital de Ubundu qui donne des soins à moindre coût grâce aux appuis des Ongs. Selon un responsable de Bureau diocésain des œuvres médicales (BDOM), le projet ne comprenait pas la dotation en médicaments mais seulement la construction de bâtiments et équipements en matériels.

Sans grande activité et sous payé, le personnel de cet hôpital flambant neuf de Wanie Rukula se démotive et préfère aller travailler ailleurs. “On reçoit 3000 fc comme salaire tantôt 1 000fc et les primes que l’hôpital s’efforcer de payer”, raconte Ramazani, matriculé mais non payé. “Deux de nos infirmiers viennent d’être embauchés ailleurs et deux autres sont dans leurs affaires à Kisangani”, regrette l’infirmier Ramazani.   

Hortense Basea/Novembre 2011

 

Publié dans Mongongo 48

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