La commune de Kabondo va bientôt retrouver la lumière

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

Les habitants de certains quartiers de Kabondo seront les premiers à sortir du noir. De câbles électriques vétustes y ont été remplacés grâce à la Coopération technique belge. D’autres communes suivront. Changer la turbine numéro 1, moderniser la gestion de la clientèle, améliorer la maintenance sont les autres projets de la SNEL pour mettre fin au délestage.

 

C’était la joie samedi 11 février dans cer­taines avenues de la commune Kabon­do lorsque la Société nationale d’élec­tricité (Snel) a fait un lancement d’essai du courant. Au grand étonnement et à la grande joie de la population qui, depuis plus de cinq ans n’a pas le courant en permanence. C’est le résultat des travaux de remplacement des câbles vétustes – ils datent des années 1930 à 1950 - par l’entreprise CEGELEC avec le financement de la Coopération technique belge (CTB). Des branchements illégaux (appelés pirates) sont aussi en train d’être supprimés. Les habitants d’autres communes attendent impatiemment leur tour. Mais déjà le maire de la ville déplore le vol de câbles, sable et autres matériels destinés aux travaux.

Les habitants de cette commune avaient perdu l’habitude d’acheter des congélateurs, fers à repasser et téléviseurs faute de courant. Les rares qui en avaient, ne pouvaient pas les utiliser. Ceux qui avaient de moyens avaient quitté Kabondo pour Makiso. Aucune activité économique rentable n’était possible. Les groupes électrogènes servaient seulement pour les grands rendez vous des matchs ou actualités politiques. De nombreux incendies dus à la mauvaise conservation de l’essence étaient aussi enregistrés. Ne pouvant alimenter toute la ville, la Société nationale d’électricité (SNEL) privilégie les entreprises de production et certains quartiers du centre ville.

 

Payer ses factures pour améliorer le réseau

L’entreprise a engagé 80 à 100 ouvriers qui déterrent les câbles protégés par des tuyaux en métal très rouillés. Ils les remplacent par de nouveaux câbles protégés par des gaines en plastique enterrés à 80 cm à un mètre de profondeur. Jusqu’alors, seules les parties des câbles abîmés étaient remplacés, ce qui était souvent source d’accidents.

Selon le directeur de la SNEL, “en tant qu’entreprise de l’Etat, la SNEL n’a pas le moyens de remplacer tous ces câbles depuis des années car cela coûte des millions. Or, la SNEL travaille à perte car ses abonnés s’acquittent difficilement de leurs factures”. Au terme du projet, la SNEL changera la manière de recouvrer les factures auprès de ses abonnés en modernisant la gestion de la clientèle. Des Centres de vente et des services (CVS) dotés de services techniques de dépannage remplaceront les agences commerciales. Il y en aura à Kabondo, à Makiso, à la Tshopo, à Mangobo.

 

Le délestage ne finira pas pourtant

Le changement des câbles fait partie d’un vaste projet qui comprend aussi le remplacement de la turbine N°1 de la centrale hydroélectrique de la Thsopo, à l’arrêt depuis une décennie pour augmenter la production d’électricité ; la réhabilitation partielle des réseaux de moyenne et basse tension qui apporte l’énergie aux habitants. Le projet promet de remplacer la centrale numéro 3 en ruine elle aussi depuis une décennie. Par conséquent la puissance du courant électri­que dans la ville passera de 13 mw à 20 mw pour une population estimée à 1,5 million d’habitants.

Mais pour le directeur de la SNEL, le problème de délestage décrié par la population Boyomaise ne sera pas résolu totalement au terme de ce projet mais les délestages seront sensiblement réduits. C’est ainsi que l’entretien de la centrale numéro 3 après 1000 h de fonctionnement nécessite quatre à six heures car la machine a besoin de repos pour se refroidir. Il faut délester durant quelques heures. Selon Alain Nubourgh, chef technique à la CTB, le présent projet n’a pas comme objectif de remplacer tous les câbles vétustes de Kisangani ni de couvrir en électricité tous les quartiers périphériques encore dans l’ombre : 170 kilomètres de lignes moyenne tension et 320 kilomètres de lignes basse tension seront réhabilitées. C’est un appui ponctuel, la SNEL fera le reste.

John Sindani

Publié dans Mongongo 54

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