Claudine Bela Badeuza, une activiste dévouée à la cause des femmes

Publié le par journalmongongo.over-blog.com

(Syfia Kisangani/Médias pour la paix et la démocratie) A la tête de son ONG, Claudine Bela Badeuza a surveillé de près le déroulement du scrutin. Encouragée par la progression du nombre de candidates et d’électrices, elle souhaite à l’avenir davantage informer les plus jeunes sur l’importance des droits humains, en particulier ceux de la femme.

 

Ensemble, les femmes sont plus fortes. Telle pourrait être la devise de Claudine Bela Badeuza, directrice du Centre d'éducation et de recherche sur les droits des femmes, une des rares ONG féminines à avoir déployé à travers Kisangani 40 observateurs dont 28 observatrices et dans les districts 15 scrutateurs dont 10 femmes. Claudine a conçu ce déploiement pour ces dernières, en particulier les plus pauvres. Une mission qui continue même après les élections, pour surveiller les comportements des uns et des autres et lui donner de nouvelles stratégies de sensibilisation.

Après avoir animé des formations, des conférences, des forums et des émissions sur l'implication féminine dans le processus électoral, Claudine est fière de constater que le nombre de candidates (25 en 2011 contre 22 en 2006) a augmenté. Elle estime également que la participation des électrices progresse. Elle déplore cependant une insuffisance d'éducation civique qui ne favorise pas un vote utile de celles-ci, en général plus intéressées par les candidats qui font des cadeaux que par les projets de société : “C'est pourquoi, les candidates, économiquement faibles, n'ont pas été votées”. Claudine souhaite en tirer les leçons et projette de former à l'avenir des élèves filles et garçons, qui pourront informer leurs mamans sur les droits humains et peut-être davantage peser sur leurs futurs choix électoraux.

Dans la quarantaine, Claudine Bela connaît depuis longtemps l'importance de partager les idées. Ancienne élue déléguée de femmes aux discussions du dialogue intercongolais au début des années 2000 sans y avoir jamais directement participé, sa réputation à l'intérieur et à l'extérieur de la RDC a grandi. Avoir été deux fois de suite chef de promotion à l'Université l'a également décomplexée. “Je suis un cadre de conception et j'ai des idées à défendre, lance-t-elle. Je suis habituée à faire face aux hommes depuis ma jeunesse”. La licenciée en sciences politiques et administratives est en effet l'aînée d'une fratrie de sept enfants dont… deux filles.

 

Dire tout haut et sans gêne

Depuis plus de 15 ans, Claudine plaide pour les droits des femmes, un domaine qui intéresse moins les premières concernées qui préfèrent des associations axées sur le développement qui leur attirent moins d'ennuis. “Les ONG qui s'occupent des droits civils et politiques se comptent sur le bout des doigts, affirme-t-elle. Elles ont peur de dénoncer ce qui ne marche pas, par crainte des représailles”. Selon Claudine, c'est un problème d'éducation : “Moi, j'ai appris à dire tout haut et sans gêne”.

Une force de caractère appréciable pour la société civile. Encore jeune universitaire quand elle intègre les Amis de Nelson Mandela, une ONG de défense des droits humains, son dynamisme l'a hissée quelques années après au poste de secrétaire exécutif national d'un comité dominé par les hommes, un poste qu'aucune autre femme n'avait occupé avant elle. “Claudine est une force pour la femme. Elle lui enlève la peur. Elle a initié la majorité des mémorandums faits par les associations féminines et mené des actions à succès”, résume Maguy Libebele, journaliste, membre de la synergie des radios communautaires ayant couvert les élections.

Claudine Bela est donc très sollicitée pour des formations et des conférences d'organisations nationales ou internationales. Par rapport à d'autres femmes, “elle a un discours à défendre qui met tout le monde d'accord”, estime Jean Fundi, journaliste à la Radio télé Amani. “Elle est sans complexes et convaincante. Je n'hésite pas à travailler avec elle”, ajoute Pierre Kibaka, membre de l'ONG Justice et libération.

Trésor Boyongo

Publié dans Mongongo 51

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